Avec notre stagiaire Marie-Lou Cazillac – Lors du Congrès sur le développement de la médecine en Chine, le 18 avril, les scientifiques chinois ont présenté les plus grandes réalisations médicales de la Chine pour ce siècle. Mais, à l’aube du 21ème siècle, quelles sont-elles exactement ?

Pour répondre à cette question, les instituts de recherche de Chine, tels que l’Académie chinoise des sciences médicales, ont établi des modèles et ont procédé à un nettoyage rigoureux des données ainsi qu’à un tri par index.

Ils ont ensuite mené une large enquête de regroupement parmi 1000 publications de premier plan de chercheurs chinois écrites en langues étrangères et de 4000 écrites en chinois, 150 000 médicaments et 80 000 dispositifs médicaux approuvés par la Chine.

Cette recherche a été appuyée par les données de base de plus de 220 000 brevets mandatés et autorisés par les spécialistes de Chine. Finalement, plus de 300 de ces travaux ont été sélectionnés. Sur cette base, et après moult débats, consultations d’experts et l’évaluation finale du Conseil exécutif, les académiciens ont élu les deux réalisations médicales de Chine les plus remarquables.

«La pandémie du Covid-19 a mis en évidence l’importance de la médecine pour préserver les moyens de subsistance des populations», a déclaré Wang Chen, vice-président de l’Académie chinoise d’ingénierie. Ce dernier est également président de l’Académie chinoise des sciences médicales et s’est exprimé lors de la présentation des plus grands progrès médicaux accomplis par la Chine au 21ème siècle.

Ces plans sont, non seulement, de grande envergure, mais ils ont aussi fait leurs preuves dans le temps et présentent une grande valeur historique. L’objectif de cette démarche est de prendre un nouveau départ, de mener la voie vers une nouvelle direction de développement médical et de guider et promouvoir l’innovation technologique médicale de la Chine.

L’«infographie» sur le cancer en Chine

Il s’agit de l’une des plus grandes réalisations médicales de ce siècle en Chine. Elle consiste à analyser les facteurs de morbidité et de mortalité du cancer en Chine, ainsi qu’à optimiser des solutions techniques pour améliorer la prévention, le traitement et le diagnostic précoces des tumeurs.

Ce travail de recherche utilise les données du registre des cancers, car 6,5% de la population chinoise est atteinte du cancer. De plus, cette étude vise à estimer, de façon globale, les taux d’incidence, de mortalité et de survie du cancer en Chine.

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Il a aussi mis en évidence 23 facteurs de prévention, et a formulé de multiples normes et directives pour le dépistage, le diagnostic et le traitement précoces du cancer, ainsi que pour promouvoir de manière significative leur normalisation et leur homogénéisation.

Pour traiter les cellules cancéreuses, il est important de les comprendre. La plupart des normes et des directives existantes pour les diagnostiquer et pour les soigner sont basées sur les recherches de spécialistes occidentaux.

Cependant, le développement, le diagnostic et le traitement de la maladie chez la population chinoise possède ses propres caractéristiques. Par exemple, pour une forme de cancer identique, le mécanisme de forçage génétique diffère, d’une certaine mesure, d’un patient chinois à un patient étranger.

Les occidentaux ont mené beaucoup de recherches sur les formes de cancers présentes dans leurs pays, mais moins chez les autres. Une «infographie» sur le cancer en Chine est donc apparue comme une nécessité.

L’étude des données est toujours en cours. Selon les données récemment publiées dans les médias par l’académicien He Jie, directeur du Centre National de lutte contre le cancer et directeur de l’hôpital de cancérologie de l’Académie chinoise des sciences médicales, la Chine a mis en place un registre des cancers pour couvrir la population la plus nombreuse du monde. En 2020, ce registre couvrait 1 152 régions et comtés en Chine, ce qui représente 598 millions de personnes.

Le « programme chinois » pour lutter contre le syndrome pieds-mains-bouche

Le vaccin EV71, pour éviter les cas sévères du syndrome pieds-mains-bouche, est considéré comme le deuxième plus grand progrès médical chinois de ce siècle.

Dans le combat contre les virus, un vaccin efficace est la clé de la victoire. Dans la lutte contre le Covid-19, l’équipe de recherche et de développement de vaccin chinois a su se montrer à la fois rapide et inébranlable, et a indépendamment développé des vaccins contre le coronavirus afin de lutter pour la prévention et le contrôle des épidémies dans le monde.

Mais un vaccin ne se met pas au point du jour au lendemain. Leur recherche, leur développement et leur validation nécessitent une plateforme commune en Chine, constamment perfectionnée dans des «situations de combat réelles».

En mars 2008, les autorités de santé en Chine ont rapporté une éruption majeure du syndrome pieds-mains-bouche dans la ville de Fuyang (province d’Anhui). 3321 cas ont été signalés en un mois, avec 22 décès. À l’époque, le Ministère chinois de la Santé incluait cette maladie dans la gestion des maladies infectieuses de classe C.

Pour lutter contre le syndrome pieds-mains-bouche, la Chine a réalisé des activités indépendantes de recherche et de développement de vaccins. Pour la première fois, un vaccin contre les formes sévères de l’entérovirus 71 (EV71) a été mis au point, réduisant de 90% le nombre de décès de la maladie.

Les «principes directeurs pour la qualité, l’innocuité et l’efficacité de vaccins contre l’entérovirus 71 (EV71)» qui ont été élaborés en Chine et sont devenus une norme internationale, fournissant des règles de base pour le développement, la production, l’évaluation et l’application du vaccin EV71 à l’échelle mondiale.

Importance sur les avantages sociaux

Mindray Medical International Limited est un développeur, fabricant et distributeur mondial d’instruments médicaux basé à Shenzhen, en Chine.

«Nous avons principalement sélectionnés des centaines de milliers de données et d’informations à partir de thèses chinoises, mais aussi de brevets, de médicaments et de dispositifs médicaux déjà approuvés en Chine», a indiqué Chi Hui, directrice de l’Institut de recherche de l’Académie chinoise des sciences médicales.

Cette dernière a ajouté que la sélection de la « réalisation du siècle » en Chine  prenait en compte l’impact continu de la recherche sur la société, élargissait la portée de la sélection dans la perspective d’apporter une importance égale aux données et faisait face aux besoins majeurs du pays. Elle met également en évidence comment ces recherches pouvaient véritablement résoudre les problèmes de santé en Chine.

Selon Wang Jianwei, vice-président de l’Académie chinoise des sciences médicales et du Peking Union Medical College, les progrès médicaux du 21ème siècle encouragent avant tout la créativité. Ils mettent également l’accent sur les nouveaux concepts, théories et technologies en Chine, ainsi que sur des indicateurs particuliers, comme la reconnaissance par les pairs et la valeur socioéconomique.

Dans le même temps, le Congrès a également présenté les avancées majeures dans le domaine de la médecine de 2020. D’autres réalisations remarquables, comme le développement d’un vaccin contre le Covid-19 et la création de la première «carte unicellulaire du corps humain» en Chine, ont également été sélectionnées.