La Chine a cessé de renouveler les accréditations de presse pour des journalistes américains en Chine et a laissé entendre qu’il procéderait à des expulsions si l’administration Trump prend de nouvelles mesures contre les employés des médias chinois aux États-Unis.

Plusieurs correspondants étrangers travaillant pour des médias américains en Chine n’ont pas pu renouveler leur accréditation pour cette rentrée 2020. Les autorités chinoises leur ont fait savoir que leur statut dépendait mesures de restrictions annoncées par l’administration Trump visant les médias chinois d’État aux États-Unis.

Selon le New York Times, cinq journalistes de quatre médias dont CNN, le Wall Street Journal et Getty Image n’ont pas été en mesure de récupérer leur nouvelle carte de presse chinoise. Cette carte est indispensable au renouvellement de leur visa de journalistes auprès du bureau de la Sécurité publique.

Pour le moment, les journalistes peuvent continuer à travailler en Chine. Les journalistes dont les cartes de presse étaient expirées ont été informés par des policiers après discussions avec des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères, qu’ils recevraient des permis de séjour valables jusqu’au 6 novembre.

Un journaliste américain a déclaré que des responsables du ministère des Affaires étrangères lui avaient dit que son sort dépendait de la décision des États-Unis à l’automne de renouveler les visas des journalistes chinois travaillant en Amérique et soumis à la nouvelle réglementation des visas imposée par le Département de la sécurité intérieure en mai. D’autres journalistes ont reçu des messages similaires, dans une lettre.

D’ailleurs, un autre journaliste a indiqué à l’agence de presse Reuters que des responsables chinois lui avaient dit que si l’administration Trump décidait d’expulser des journalistes chinois, la Chine prendrait des mesures réciproques. De nombreux journalistes chinois travaillent pour des agences de presse publiques.

Les journalistes étrangers travaillant en Chine doivent renouveler leur carte de presse pour obtenir de nouveaux permis de séjour du Bureau de la sécurité publique. Les permis de séjour sont l’équivalent des visas qui permettent aux étrangers de vivre en Chine.

«Si les États-Unis continuent d’avancer sur la mauvaise voie, la Chine n’a d’autre choix que de réagir pour défendre ses droits légitimes», avait déclaré Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise, lors d’une récente conférence de presse.

De son côté David Stilweell, secrétaire adjoint du département d’État américain pour l’Asie de l’Est et du Pacifique évoque des «représailles hors de proportion», rappelant qu’«il y a 150 diplomates ou plus des personnels des médias d’État chinois travaillant pour le ministère de la Propagande ici aux États-Unis», alors qu’il ne reste en Chine qu’une poignée de journalistes américains actuellement.