La Chine, le plus grand producteur mondial de gaz à effet de serre, a annoncé son intention de réduire ses émissions de dioxyde de carbone à presque zéro d’ici 2060.

Cette annonce a été faite par le président de la République Populaire de Chine Xi Jinping lors de l’Assemblée générale virtuelle des Nations Unies à New York. Ce dernier a déclaré que « nous avons comme objectif de commencer à faire baisser les émissions de CO2 avant 2030, et d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2060 ».

La Chine va accroître ses engagements climatiques dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat, a-t-il ajouté. Ces engagements sont librement fixés par chaque pays signataire mais ils les engagent, et doivent être régulièrement revus à la hausse.

L’annonce de Xi Jinping est jugée cruciale pour infléchir réellement la courbe mondiale des émissions de carbone et limiter le réchauffement de la planète, notamment en Chine

« Tous les pays doivent prendre des mesures décisives pour honorer cet accord », a encore déclaré Xi Jinping, soulignant indirectement que les États-Unis, deuxième émetteur de la planète, allaient s’en retirer en novembre, selon une décision de Donald Trump.

Le président Xi Jinping a également indiqué que la pandémie de coronavirus avait montré que le monde avait besoin d’une «révolution» qui accélérerait le «développement vert». «La race humaine ne peut ignorer les avertissements de la nature encore et encore», a-t-il déclaré, ajoutant que l’accord de Paris sur le climat de 2015 était le «minimum» nécessaire pour protéger la terre.

Le nouvel objectif exigera une refonte radicale de la Chine et pourrait pousser la demande de charbon en Chine – qui représente la moitié de la consommation mondiale de carburant – à près de zéro.

Réduire à zéro les rejets nets de carbone dans l’atmosphère d’ici le milieu du siècle est indispensable pour limiter à 1,5°C le réchauffement de la planète, par rapport à la fin du XIXe siècle, ont estimé les experts climat de l’ONU dans un rapport de référence en 2018.

« C’est sans doute la plus proche date réaliste pour la Chine », a indiqué Neil Hirst, chercheur à l’Imperial College London, à propos de 2060, à l’Agence France Presse. « C’est un grand défi qui impliquera l’arrêt ou la rénovation d’un grand nombre de centrales à énergies fossiles relativement modernes », assure-t-il.

Dans son propre message aux Nations Unies, le président américain Donald Trump a accusé la Chine de « jeter des millions et des millions de tonnes de plastique et de déchets dans les océans » et d’autres violations environnementales.

L’ambassadeur chinois aux Nations Unies, Zhang Jun, a répondu que les États-Unis n’avaient de leçon à donner à personne : « ce sont eux qui n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto, eux qui sont sortis de l’accord de Paris. »