De notre partenaire Chinafrique.com – Alors que la lutte contre le nouveau coronavirus entre dans une période critique, garantir la résilience des petites et micros entreprises est devenu une tâche capitale pour les autorités chinoises.

Heureusement, les entreprises affectées peuvent maintenant compter sur un nouvel allié pour traverser ce moment difficile : la Fintech, à savoir les nouvelles technologies appliquées au domaine financier.

Ces dernières années, la Fintech chinoise 3.0 représentée par des technologies telles que l’intelligence artificielle, les mégadonnées, l’informatique en nuage et la chaîne de blocs, a transformé le développement de la société chinoise.

À l’avenir, la Fintech va jouer un rôle non négligeable pour garantir un financement stable des entreprises en cette situation spéciale. En effet, le 31 janvier, le Bureau d’administration et de supervision financières locales de Beijing a publié un avis pour renforcer les mesures de soutien financier à l’aide de la Fintech tout en favorisant la prévention et le contrôle de l’épidémie.

Finance plus technologies

De fait, atténuer les difficultés de financement des petites et micros entreprises fait partie des principaux rôles de la Fintech.

L’avis incite les institutions financières à offrir un plus grand soutien financier aux entreprises en baissant de manière appropriée les taux d’intérêt et certains tarifs. Ces mesures sont ciblées sur les petites et micros entreprises dans les domaines de la production, de la distribution et du transport de matériel de prévention des épidémies, ainsi que les entreprises dans les domaines de la vente en gros et au détail, du logement, de la restauration, de la logistique et du transport, et du tourisme et de la culture qui sont touchées par l’épidémie. Il faut renforcer l’utilisation des outils techniques pour améliorer la sécurité, la commodité et la disponibilité des services financiers grâce à la finance intelligente, la finance mobile et les services en ligne.

Il convient de noter que la Fintech est déjà très répandue dans la vie quotidienne en Chine, où elle s’incarne notamment dans le paiement électronique des frais, la télémédecine, la finance rurale intelligente, les cartes électroniques de sécurité sociale, et les services sur les campus.

Au cours de ces dernières années, des fonctions financières comme le paiement des frais et la demande de renseignements sur les fonds de prévoyance sont offertes par les applications bancaires et de paiement tels qu’Alipay.

Parmi les nombreuses applications de la Fintech, celle du paiement en ligne est de loin la plus fréquemment utilisée. En janvier, selon la Banque populaire de Chine, la banque centrale du pays, plus de 60 institutions y compris China UnionPay, des banques commerciales et des établissements de paiement utilisaient la reconnaissance faciale pour effectuer des paiements hors ligne en toute sécurité. On peut donc effectuer des transactions d’achat sans avoir besoin ni de son téléphone portable, ni de sa carte bancaire, ce qui constitue une étape importante pour améliorer l’expérience de transaction financière.

Au cours de 2020, la Fintech entend bien étendre ses activités. Selon certains experts, les nouveaux modèles technologiques pourront améliorer considérablement l’efficacité des paiements. La Fintech sera utilisée dans les paiements transfrontaliers, les paiements des petites et micros entreprises et d’autres domaines pour approfondir les possibilités d’application et intégrer les ressources afin d’aider les entreprises à améliorer leur efficacité opérationnelle.

En réalité, de nombreuses banques pratiquent déjà la reconnaissance faciale pour améliorer la sécurité, notamment lors de l’ouverture des comptes bancaires de classe II, de transferts importants et de retraits d’espèces.

Renforcer la surveillance

«L’essence de la Fintech réside dans la finance, la supervision doit donc être renforcée», a souligné Yin Yong, maire adjoint de Beijing, lors du 3e Forum chinois sur la finance d’Internet 2019, qui s’est tenu le 17 décembre 2019 à Beijing.

Parlant de la supervision, M. Yin a déclaré qu’il fallait explorer l’utilisation de méthodes de gestion flexible, par exemple rendre les informations et les produits accessibles au public pour créer un outil de supervision inclusif et prudent sur la base de la conformité légale et de la protection des droits des consommateurs.

Cet outil est le «bac à sable réglementaire» qui vient d’être lancé dans sa version chinoise. Le 5 décembre 2019, la banque centrale chinoise a pris l’initiative de mettre en œuvre un projet pilote de supervision de l’innovation de la Fintech à Beijing. En fait, depuis fin 2019, six administrations ont approuvé des projets pilotes d’application et de supervision de la Fintech dans dix provinces et villes de Chine, à savoir Beijing, Shanghai, Jiangsu, Zhejiang, Fujian, Shandong, Guangdong, Chongqing, Sichuan et Shaanxi. Le développement de la Fintech chinoise est donc entré dans l’ère de la surveillance.

Selon Li Wei, directeur du Département des sciences et technologies de la Banque populaire de Chine, il est important que ce «bac à sable réglementaire» soit conforme aux conditions nationales de la Chine. Une caractéristique importante du «bac à sable réglementaire» est qu’il permet de contrôler les risques dans certains domaines importants. Les projets pilotes prévoient entre autres un mécanisme de compensation des risques.

Le 14 janvier, les six premières applications pilotes ont été rendues publiques. Ce premier lot comprend principalement des produits, y compris l’Internet des objets, l’intelligence artificielle, les mégadonnées et d’autres technologies dans le domaine de la finance. L’objectif est d’alléger les difficultés de financement des petites et micros entreprises, d’élever le niveau des services de commodité financière et d’élargir les canaux de services financiers.

«Le projet pilote du bac à sable a pour objectif d’offrir certaines exemptions de politique aux projets d’innovation dans un environnement réglementaire sévère, afin de soulager les inquiétudes liées à l’innovation dans la Fintech. En même temps, par le biais d’arrangements institutionnels avancés, protéger les droits et intérêts légitimes des consommateurs de services financiers pour parvenir à un équilibre dynamique entre l’innovation financière, la conformité légale et la protection des consommateurs», a expliqué Xue Hongyan, assistant du doyen de l’Institut des finances de Suning.

Lors de la présentation du projet pilote de Beijing, Huo Xuewen, directeur du Bureau des affaires financières de Beijing, a déclaré que dans le passé, de nombreuses innovations avaient dépassé les limites ou contraintes réglementaires et avaient engendré de nombreux risques. En d’autres mots, le «bac à sable réglementaire» offre un espace sécurisé pour l’innovation de la Fintech.

Che Ning, secrétaire général adjoint de l’Association de la loi d’Internet de Beijing, estime qu’il est particulièrement important d’affiner le «bac à sable réglementaire» et que ce processus devrait être coordonné avec la promotion de la législation.

À l’avenir, il est nécessaire de promouvoir l’autodiscipline au sein des organisations concernées et une meilleure législation aux niveaux central et local. Cela permettra de faire de ce «bac» un véritable outil de supervision.