Alors que les autorités ont levé les mesures « zéro Covid », l’augmentation en Chine des cas de Covid-19 pourrait créer un terreau potentiel pour l’émergence de nouveaux variants, selon des experts de la santé.

Le 8 janvier, la Chine va mettre fin aux quarantaines obligatoires à l’arrivée dans le pays, dernière mesure de la stratégie « zéro covid », qui a maintenu le pays fermé au monde depuis fin 2019.

La Commission nationale de la santé a cessé de publier le nombre de cas quotidiens, les responsables de plusieurs villes estiment que des centaines de milliers de personnes ont été récemment infectées, tandis que les hôpitaux et les crématoriums sont débordés à travers le pays.

Le virus circule désormais en Chine laissant craindre l’émergence de nouveaux variants par plusieurs pays et experts. D’autant que la population chinoise reste peu vaccinée.

« Chaque nouvelle infection augmente les chances que le virus ne mute », a estimé Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale de l’Université de Genève. « Le fait que 1,4 milliard de personnes soient soudainement exposées au SARS-CoV-2 crée évidemment des conditions propices à l’émergence de variants », a-t-il expliqué à l’Agence France Presse.

Soumya Swaminathan, scientifique en chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) jusqu’en novembre, a indiqué qu’une grande partie de la population chinoise était vulnérable, car de nombreuses personnes âgées n’ont pas été vaccinées. « Nous devons surveiller de près toute émergence de variants préoccupants« , a-t-elle déclaré au site Web du journal Indian Express.

En réponse à la flambée des cas, les Etats-Unis, l’Italie, le Japon, l’Inde et la Malaisie ont annoncé qu’ils allaient renforcer leurs contrôles aux frontières.

Lire aussi : Le Japon va imposer des tests Covid aux arrivants de Chine
Les Etats-Unis vont exiger un test Covid négatif à partir du 5 janvier pour tous les voyageurs venant en avion de Chine. L’Inde et le Japon vont imposer des tests PCR obligatoires à tous les passagers en provenance de Chine.

Le gouvernement français assure lui « suivre très attentivement l’évolution de la situation », et s’est dit « prêt » le 28 décembre « à étudier toutes les mesures utiles ». Interrogée sur France Inter ce 29 décembre, Brigitte Autran, présidente du Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars), a indiqué « le dépistage aux frontières n’a jamais empêché le virus de pénétrer » et « le seul intérêt potentiel » d’un dépistage systématique des voyageurs atterrissant en provenance de Chine serait « pour analyser quel est le type de variant » qu’ils portent.

Xu Wenbo, le chef de l’institut de contrôle des virus au Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, a assuré que les hôpitaux de Chine allaient collecter des échantillons provenant de patients. Ils téléchargeront les informations de séquençage dans une nouvelle base de données nationale, ce qui permettra aux autorités de surveiller les nouvelles souches en temps réel.

Plus de 130 nouveaux sous-lignages du variant Omicron ont été détectés en Chine au cours des trois derniers mois, a-t-il déclaré lors d’un point presse. Parmi eux, XXB et BQ.1 et leurs propres sous-lignages, qui se sont propagés aux États-Unis et dans certaines parties de l’Europe ces derniers mois.

Toutefois, BA.5.2 et BF.7 restent les principales souches d’Omicron détectées en Chine, a déclaré Xu Wenbo, ajoutant que les différents sous-lignages vont probablement co-circuler.