La Chine a publié pour la première fois des textes copiés de littérature tibétaine antique, ramenée en France depuis les célèbres grottes de Mogao il y a un siècle.

Manuscrit des Entretiens de Confucius découvert à Dunhuang. (Wiki)

Les manuscrits de Dunhuang ont été découverts en 1900 dans les grottes de Mogao, un site du patrimoine mondial de l’UNESCO dans la province chinoise du Gansu (nord-ouest).

Il y en a plus de 60.000, qui traitent de l’histoire, de la politique, de la religion et des coutumes populaires.

Datant du XIVème au XIème siècle, la majorité des manuscrits sont en chinois, tandis que certains en d’autres langues ethniques, dont le tibétain.

Au début du 21e siècle, un grand nombre de manuscrits tibétains de Dunhuang ont été emmenés dans des pays, tels que la France et la Grande-Bretagne. En effet, le moine Wang Yuanlu a découvert ces manuscrits en 1900 et a commencé à les vendre en 1907, notamment à Aurel Stein et à Paul Pelliot.

La littérature tibétaine compilée et publiée est conservée aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de France. La grande majorité de cs documents sont écrits en chinois classique mais aussi en chinois vernaculaire, et d’autres langues tels que le tibétain, le khotanais, le sanscrit, le sogdien, le tangoute, le tokharien et le ouïghour.

L’Université Minzu de l’ouest et la Maison d’édition des classiques chinois de Shanghai, en collaboration avec des rédacteurs de la Bibliothèque nationale de France, ont compilé les photocopies, qui ont été publiées en un ensemble de 35 volumes avec plus de 28.000 illustrations en haute définition affichées en séquence numérique.

Cette série comprend de la littérature tibétaine du VIIème au Xème siècle, couvrant les livres canoniques du bouddhisme, les ouvrages historiques, les contrats, les textes juridiques et les lettres. Les publications devraient mettre en lumière les activités socio-économiques et les échanges culturels entre les groupes ethniques sous le règne de Tubo à Dunhuang.

« Il aura fallu environ 15 ans à l’équipe éditoriale pour organiser et compiler les documents en chinois et en tibétain. C’est la première fois que l’ensemble de la littérature tibétaine conservée en France est publiée sous forme de photocopie », a indiqué Tsering, rédacteur en chef de la série.

La Chine projette également de compiler et de publier en 2021 les manuscrits tibétains antiques conservés en Grande-Bretagne. Les chercheurs chinois numérisent la littérature antique dans le cadre des efforts du pays pour étudier et préserver la culture tibétaine. Une base des données construite à partir des manuscrits tibétains est prévue pour permettre la recherche sur le texte intégral à l’avenir, selon Tsering.