La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a reconnu ce 3 mai des divergences avec la Chine en matière de droits de l’Homme alors que son gouvernement est critiqué pour ne pas se montrer suffisamment ferme avec la Chine à ce sujet.

La Nouvelle-Zélande, un des pays de l’alliance des Cinq yeux, a avoir pris ses distances avec l’Australie, un autre partenaire de cette alliance qui est en conflit avec la Chine à propos des droits de l’homme, selon l’agence Bloomberg.

« Il n’est pas nécessaire, en tout temps et sur chaque dossier, d’invoquer les Cinq yeux comme première étape pour la création d’une coalition de soutien autour des dossiers particuliers dans le domaine des droits de l’homme », a déclaré la ministre néo-zélandaise des Affaires étrangères, Nanaia Mahuta, avec son homologue australienne Marise Payne lors d’une conférence de presse à Wellington, mi-avril.

De son côté, Marise Payne a indiqué que « nous devons aussi reconnaître que la perspective de la Chine –la nature de son engagement tant dans notre région qu’ailleurs dans le monde– a changé ces dernières années ».

En effet, les relations entre la Chine et l’Australie sont au plus mal, notamment avec l’interdiction faites aux entreprises chinoises de participer à la construction de son réseau 5G pour des raisons de « sécurité nationale » et en accord avec son allié américain. De plus, Canberra a rompu les accords de coopération avec la Chine dans le cadre de l’Initiative de la Ceinture et la Route.

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Cependant, Clive Hamilton, professeur à l’université de Charles Sturt, a expliqué à Blommberg que « la Nouvelle-Zélande adopte une attitude extrêmement amicale envers Beijing, en rupture avec une position beaucoup plus ferme adoptée par » les autres partenaires de l’alliance.

Toutefois, dans un discours prononcé à Auckland lors d’un sommet économique avec la Chine, Jacinda Ardern a affirmé que son pays a fait part à la Chine de ses « profondes inquiétudes » quant à l’érosion des libertés démocratiques à Hong Kong et à la manière dont est traitée la minorité ouïghoure du Xinjian.

La dirigeante a rappelé que la Nouvelle-Zélande est indépendante en matière de politique étrangère et donc libre de choisir si ces questions doivent être abordées publiquement ou dans le cadre d’entretiens privés avec la Chine.

Cette dernière a également admis que sur certaines questions, la Chine et la Nouvelle-Zélande ne seront jamais d’accord. «Il n’aura échappé à personne ici qu’à mesure que le rôle de la Chine dans le monde s’accroît et évolue, les différences entre nos systèmes (…) deviennent plus difficiles à concilier», a-t-elle déclaré.

Pour elle, «c’est un défi auquel nous, et de nombreux autres pays de la région indo-pacifique, mais aussi d’Europe et d’autres régions, sommes également confrontés».

« Nous devons reconnaître qu’il y a certaines choses sur lesquelles la Chine et la Nouvelle-Zélande ne sont pas, ne peuvent pas être et ne seront pas d’accord », a-t-elle déclaré. « Cela ne doit pas altérer nos relations, c’est simplement une réalité ».

D’ailleurs, la ministre néo-zélandaise des Affaires étrangères, Nanaia Mahuta, a récemment affirmé que Wellington ne laissera pas l’alliance des services de renseignement « Five Eyes » (Australie, Nouvelle-Zélande, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Canada), lui dicter sa politique avec son principal partenaire commercial.

D’autant que le ministre du Commerce, Damien O’Connor, avait exhorté l’Australie à faire preuve de davantage de « respect » envers la Chine, après la signature par l’archipel d’un accord de libre-échange renforcé avec la Chine.