Le Dr Peter Li, spécialiste des politiques chinoises pour Humane Society International, a commenté le récent sauvetage de 62 chiens par des activites chinois. Ce dernier a expliqué que :

«Yulin est actuellement un lieu très tendu, avec des marchands de chiens et des abattoirs en état d’alerte. Il était donc difficile pour ces activistes chinois de gagner la confiance de ce centre pour libérer les chiens. Nous saluons leurs efforts pour montrer au monde la souffrance de ces pauvres animaux et pour dénoncer le vol de chiens, qui est à l’origine du commerce de la viande de chien. Ces chiens sont traumatisés et ont besoin de soins vétérinaires, mais ce sont eux qui ont de la chance car au moins l’horreur de Yulin est finie. Malheureusement, des milliers d’autres mourront encore à Yulin et des millions en Chine, à moins que des mesures décisives ne soient prises. Nous exhortons donc le gouvernement chinois à montrer qu’il ne tolérera pas les gangs de voleurs de chiens qui perpétuent ce commerce et mettra fin au commerce brutal de la viande de chien et de chat ».

Le commerce de la viande de chien n’est pas seulement une question de bien-être animal, mais aussi une menace sérieuse pour la santé humaine. Ainsi, l’Organisation mondiale de la santé a averti que le commerce des chiens répand des maladies mortelles, telles que la rage et le choléra.

Yulin est depuis longtemps une ville où le taux de cas de rage humaine est l’un des plus élevés du pays, et le commerce local compromet l’objectif du gouvernement chinois d’éliminer la rage en Chine d’ici 2025, a indiqué HSI dans son communiqué.

La vente et la transformation de la viande de chiens malades et mourants à Yulin et ailleurs sont également une violation grave de la loi chinoise sur la sécurité alimentaire, et pourtant le commerce est autorisé à persister avec relativement peu de sanctions légales.

Il faut savoir que la plupart des chinois ne mangent pas de chien. En fait, moins de 20% de la population chinoise mange de la viande de chien, d’après un enquête menée en 2017 par des organisations caritatives chinoises enregistrées par l’État et assistée par une équipe de six chercheurs du gouvernement municipal de Yulin.

Cette enquête a révélé que la plupart des habitants de Yulin (72%) ne consomment pas régulièrement de viande de chien, en dépit des efforts déployés par les marchands de viande de chien pour la promouvoir.

En 2016, une autre étude a été menée par la société de sondage chinoise Horizon et commandée par le groupe chinois China Animal Welfare Association en collaboration avec Humane Society International et Avaaz :

  • 64% des chinois soutiennent la fin du festival de Yulin
  • 51,7% des chinois disent que le commerce de la viande de chien devrait être complètement interdit.
  • 62% pensent que Yulin nuit à la réputation de la Chine
  • 69,5% n’ont jamais mangé de viande de chien

Pour Qin Xiaona, directeur de la Capital Animal Welfare Association,

«la campagne dynamique pour mettre fin au festival de la viande de chien à Yulin est enracinée dans l’opposition chinoise, soutenue par des personnes du monde entier qui sont d’accord pour dire que ce commerce cruel ne doit pas être toléré. Il est embarrassant pour nous que le monde croie à tort que le festival de Yulin – brutalement cruel – fait partie de la culture chinoise. Ce n’est pas le cas et, comme nous le voyons dans ce sondage, la plupart des gens ici ne mangent pas de chiens et pensent que le festival porte atteinte à la réputation mondiale de la Chine ».

Lors du lancement du festival en 2010, pas moins de 15 000 chiens avaient été tués lors des festivals, mais la pression de la Chine et de la communauté internationale a réduit ce nombre à environ 3 000.

Cependant, plusieurs centaines d’animaux sont encore tués chaque jour au cours des semaines précédant le festival. Les organisations estiment que 30 millions de chiens sont tués chaque année en Asie pour leur viande, dont 10 à 20 millions uniquement en Chine.