La Belgique n’a pu mettre en oeuvre les initiatives qu’elle a annoncées dans le dossier de la famille ouïghoure qui avait cherché refuge à l’ambassade de la Belgique à Beijing, a indiqué le député Georges Dallemagne. Ce dernier s’est entretenu avec un représentant diplomatique chinois à Bruxelles.

Le 28 mai, Wureyetiguli Abula, une femme issue de la minorité ouïghoure, et ses 4 enfants se sont présentés à l’ambassade belge dans la capitale chinoise, afin de compléter un dossier de regroupement familial avec le père, Ablimit Tursun, qui s’est réfugié en Belgique.

Wureyetiguli Abula a refusé de quitter l’ambassade pour regagner son hôtel parce qu’elle craignait pour sa sécurité et celle de ses enfants. Ces derniers sont d’origine ouïghour, minorité musulmane surveillée par les autorités.

Une discussion s’est engagée avec le personnel sur place pour tenter de la convaincre de quitter les lieux. Mais selon plusieurs médias, les pourparlers ont été vains et l’ambassade a livré cette femme et ses quatre enfants à la police chinoise.

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, a annoncé qu’un diplomate de l’ambassade partirait le 18 juin dans la province du Xinjiang, d’où vient la famille, pour s’assurer de la situation de Wureyetiguli Abula et ses enfants.

L’ambassadeur devaut prendre contact avec le directeur des Affaires consulaires chinoises, afin que la famille obtienne les passeports requis pour quitter le pays. Le déplacement dans le Xinjiang n’a pas (encore) eu lieu.

La famille a été localisée entretemps. Wureyetiguli Abula a pu avoir des brefs entretiens téléphoniques avec son mari ainsi qu’avec des diplomates belges. Lors de son entretien avec Georges Dallemagne, l’ambassadeur de Chine a confirmé que la famille était revenue dans le Xinjiang et qu’une communication avec le père était établie.

« Le cadre de la mission a changé », ont alors expliqué les Affaires étrangères qui continuent à suivre le cas. La visite d’un diplomate belge n’est donc pas « nécessaire » pour les autorités chinoises, la famille étant en sécurité, selon les explications reçues par le député.

De plus, l’entretien avec le directeur des Affaires consulaires n’a pas eu lieu, les autorités chinoises ont rappelé que la famille n’est pas de nationalité belge mais chinoise.

« L’affaire doit être suivie de près car elle est loin d’être résolue et la famille loin d’être réunie », a souligné Georges Dallemagne. La question de l’intervention de la police chinoise dans la nuit du 28 au 29 mai reste posée. Beaucoup se demandent qui a appelé la police pour faire sortir la famille.

Le 17 juin, Didier Reynders a indiqué que la police diplomatique avait « participé » à la discussion avec la mère de famille, sans donner d’autre précision. A Bruxelles, l’ambassade chinoise a expliqué que la police était intervenue à la demande de la partie belge, a indiqué Georges Dallemagne.