L’activité manufacturière est passée en décembre 2018 sous un seuil critique, se contractant pour la première fois depuis plus de deux ans, malgré une légère amélioration de la production, en raison de la baisse des nouvelles commandes.

L’indice des directeurs d’achats (PMI) est tombé en décembre à 49,4, son niveau le plus bas depuis plus de deux ans, contre 50,0 en novembre, selon le Bureau national des statistiques (BNS).

De son côté le PMI, calculé par le cabinet IHS Markit pour le groupe de médias Caixin, s’est établi à 49,7 fin 2018, contre 50,2 en novembre, « signalant une nouvelle détérioration des conditions globales ».

« Même si c’est léger, c’est la première fois que la santé du secteur empire depuis mai 2017 » en passant sous la barre des 50, a indiqué Caixin.

Ce baromètre, fondé notamment sur les carnets de commandes des entreprises, est considéré comme une jauge de la future conjoncture. Un chiffre supérieur à 50 témoigne d’une expansion de l’activité et, en dessous, d’une contraction.

«En raison de facteurs extérieurs dans un contexte aux paramètres plus imprévisibles et du ralentissement de la demande domestique, la récente croissance des échanges a ralenti», a indiqué Zhao Qinghe, analyste du BNS, dans un communiqué.

Il a précisé que le PMI moyen en 2018 s’est établi à 50,9, mais un ralentissement de la croissance de l’économie mondiale et les conflits commerciaux internationaux ont impacté négativement l’industrie manufacturière de la Chine.

La production a cependant légèrement augmenté fin 2018, après deux mois de stagnation. Mais les nouvelles commandes se sont réduites pour la première fois depuis juin 2016, signe d’un affaiblissement de la demande. D’ailleurs, pour le deuxième mois consécutif, les entreprises ont diminué leurs charges de production.

« La demande extérieure reste d’intensité plus faible en raison des frictions commerciales sino-américaines tandis que la résistance de la demande interne s’est notablement réduit », a expliqué Zhong Zhengsheng, analyste de CEBM.

« Les entreprises ont une intention plus forte de déstocker et les prix des produits industriels ont décliné, ce qui pourrait encore davantage peser sur la production » pointe-t-il.

« L’économie chinoise pourrait subir une plus forte pression à la baisse », a conclu Zhong Zhengsheng. L’économie du pays est en plein ralentissement, la croissance du produit intérieur brut est ainsi tombée à 6,5% au 3ème trimestre 2018, contre 6,7% le trimestre précédent.