L’administration Biden a ajouté vendredi 31 entreprises, instituts de recherche et autres groupes chinois à une «liste non vérifiée», limitant ainsi leur capacité à obtenir certaines technologies américaines réglementées.

Il s’agit de la première d’une série de mesures attendues contre la Chine visant à arrêter les expéditions de puces et de technologie que la Chine pourrait utiliser.

L’administration est également sur le point d’annoncer de nouvelles limites radicales à la vente de puces informatiques avancées, d’équipements de fabrication de puces et d’autres produits à la Chine, ont déclaré des souces proches du dossier au New York Times.

L’objectif pour le gouvernement américain est de paralyser la capacité de la Chine à accéder aux technologies critiques qui sont nécessaires pour de nombreux produits, allant du supercalculateur au guidage des armes.

Plusieurs entreprises chinoises ont été soumises à des restrictions similaires lors de l’administration Trump, qui a freiné la progression du géant des télécommunications, Huawei. Ces restrictions empêcheraient les entreprises du monde entier d’envoyer des produits fabriqués à l’aide de la technologie, des machines ou des logiciels américains aux entreprises chinoises.

Les règles devraient également limiter la vente d’outils de pointe fabriqués aux États-Unis à l’industrie chinoise des semi-conducteurs, ainsi que d’empêcher la vente de micropuces fabriquées aux États-Unis aux superordinateurs les plus puissants de Chine, selon les sources du New York Times.

La liste des 31 entités chinoises comprend d’importantes institutions de recherche, comme des divisions de l’Académie chinoise des sciences et Yangtze Memory Technologies Co., Ltd, un important fabricant de puces mémoire auprès duquel Apple a envisagé de s’approvisionner en produits à vendre en Chine.

Les États-Unis placent des entreprises sur une « liste non vérifiée » lorsqu’ils ne peuvent pas exclure de manière adéquate le risque que les produits de l’entreprise soient utilisés à des fins contraires à la sécurité nationale américaine, selon NYT.

Dans un avis, l’administration Biden a également menacé de nouvelles restrictions sur les ventes américaines à ces 31 entreprises, si la Chine ne coopérait pas pour permettre au gouvernement américain de vérifier si ces marchandises finissaient par être utilisées par l’armée chinoise.

Liu Pengyu, porte-parole de l’ambassade de Chine à Washington, a déclaré dans des remarques envoyées par courrier électronique que les États-Unis essayaient « d’utiliser leurs prouesses technologiques comme un avantage pour entraver et supprimer le développement des marchés émergents et des pays en développement ».

« Les États-Unis espèrent probablement que la Chine et le reste du monde en développement resteront à jamais au bas de la chaîne industrielle », a-t-il ajouté.

Ces nouvelles restrictions n’étonnent pas car, en septembre Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale, a signalé que l’administration Biden allait adopter une nouvelle approche de la réglementation technologique concernant la Chine. Ainsi, « compte tenu de la nature fondamentale de certaines technologies, telles que la logique avancée et les puces de mémoire, nous devons conserver une avance aussi large que possible », a-t-il déclaré.