Le gouvernement allemand a bloqué le rachat par une entreprise d’armement chinoise d’un fabricant de télécommunications spécialisé dans la technologie 5G, satellite et radar, invoquant le risque pour la sécurité nationale de cette transaction.

Selon le site d’information spécialisé «The Pioneer», Berlin a apposé son veto sur l’offre de rachat sur l’entreprise IMST, implantée dans l’ouest de l’Allemagne et spécialisée dans les technologies de communication mobile et satellite.

La société chinoise baptisée Addsino, filiale du groupe de défense public China Aerospace Science and Industry Corporation, fabricant de systèmes de communication militaires, était à l’origine de l’offre, selon l’agence de presse DPA, citant un document gouvernemental.

Le ministère de l’Économie, interrogé par l’Agence France Presse, a confirmé avoir mis son véto à une acquisition d’entreprise allemande, sans donner plus de précision sur la société ou son secteur d’activité.

Cette interdiction a été émise après évaluation des «dangers pour l’ordre public ou la sécurité» du pays, sans «discrimination» liée à l’origine de l’investisseur, a indiqué le ministère.

Berlin et d’autres capitales européennes s’inquiètent des ambitions des entreprises chinoises sur des investissements stratégiques : aéroports, ports ou firmes technologiques, mais aussi la défense, les télécommunications, le gaz, l’électricité, l’eau, les médias et certains prestataires de services ou fabricants de logiciels…

Ces secteurs font partie d’un panel pour lesquels le gouvernement allemand s’est doté de règles lui permettant de contrôler les investissements. Une loi est en travail pour étendre ce contrôle sur les acquisitions de plus de 10% du capital dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la robotique, des semi-conducteurs, des biotechnologies et des technologies quantiques.

IMST, basée en Rhénanie du Nord-Westphalie, a développé un composant clé pour le satellite d’observation de la Terre TerraSAR-X, dont les données sont utilisées par le ministère allemand de la Défense.

«Sans une interdiction, ces connaissances seraient transmises à la Chine et contribueraient à l’armement de la Chine», selon un document gouvernemental cité par DPA.

L’entreprise allemande est également impliquée dans le développement de la technologie 5G. Une alliance avec une entreprise chinoise est jugée dangereuse par Berlin, car si elle tombait sous le contrôle d’une société de défense chinoise cela entrainerait des risques de sécurité nationale.