Les anciens bâtiments de l’ancien Beijing, appelés « hutong », sont actuellement murés où rasés, dans le cadre de la « rénovation » du patrimoine de la capitale.

Cette politique fait partie d’une campagne de 10 milliards de yuans (1,3 milliard d’euros) visant à « restaurer l’aspect initial des hutongs, qui font partie intégrante de la culture traditionnelle », ont indiqué les autorités au journal China Daily.

Les hutong sont officiellement un peu plus de 2 500 et vont devoir subir de nouvelles règles d’urbanisme, afin d’embellir la ville, de réduire la surpopulation, et d’atténuer la pollution de l’air.

Mais la campagne est très critiquée car ses effets collatéraux sont néfastes. D’une part, elle contribue à chasser les modestes travailleurs provinciaux venus gagner leur vie dans la capitale. Et d’autre part, elle favorise la création d’un centre-ville embourgeoisé, réservé aux classes privilégiées.

De plus, dans cet centre ancien, les autorités avaient déjà démoli ou muré des habitations e raison de leur construction sans permis de construire. Or ces bâtiments hébergeaient souvent des migrants.

Matthew Hu, administrateur du Centre de protection du patrimoine culturel de Beijing a expliqué à l’Agence France Presse que 90% de l’espace de ces anciennes ruelles était à l’origine dévolu aux habitations, et non au commerce.

Pour ce dernier, les démolitions et les fermetures sont un « retour à la normale » face aux constructions anarchiques et « pas du tout authentiques ». Un responsable du Bureau des affaires culturelles du district de Dongcheng a cependant déclaré à l’AFP que « l’abrupte campagne actuelle est le résultat d’un désastreux manque de communication entre services ».

« Nous avions effectué un travail de reconnaissance préparatoire durant près de dix ans. Chaque ruelle avait été analysée, photographiée… Mais personne n’est venu nous voir pour consulter cette étude », a indiqué cette source anonyme, ajoutant qu’ils « sont allés faire ce qu’ils voulaient, sans même avoir établi de normes communes. »