La Chine a mit en place une série de mesures de plus en plus strictes à l’égard des cryptomonnaies, perdant ainsi son titre de pays minant le plus de bitcoin.

Les mineurs américains de bitcoin permettent la validation des transactions et la création de la cryptomonnaie. Ils sont désormais les premiers producteurs au monde, alors que l’activité a complètement disparu en Chine, selon une étude publiée ce 14 octobre.

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« Les nouvelles données, qui courent jusqu’à fin août, montrent que les Etats-Unis concentrent 35,4% (de l’activité, ndlr), contre 16,8% fin avril, suivis par le Kazakhstan avec 18,1% (contre 8,2%) et la Russie 11% (contre 6,8%) », a indiqué Michel Rauchs, auteur de l’étude de l’Université de Cambridge.

Selon l’Agence France Presse, «pour faire fonctionner le réseau décentralisé du bitcoin, des processeurs valident des transactions et prouvent leur participation à l’exercice en cherchant à deviner le résultat d’équations complexes».

Les processeurs reçoivent en échange de nouveaux bitcoins. Ce processus est considéré très énergivore, et est appelé « minage ». D’ailleurs jusqu’à présent, ils étaient concentrés en Chine.

Cependant, plusieurs annonces ont été faites ces dernières années par la Chine contre les crypto-monnaies. En effet, cette technologie décentralisée est difficile à contrôler par l’Etat chinois, qui a lancé son propre yuan numérique. La Chine a finalement interdit complètement l’activité des mines en juin.

Les mineurs de bitcoin consomment l’équivalent de 0,45% de la production mondiale d’électricité, a estimé le Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index (CBECI), soit plus qu’un pays comme les Philippines.

« La conséquence directe de l’action du gouvernement chinois a été une baisse mondiale de 38 %» de la participation des mineurs au réseau bitcoin », a indiqué Michel Rauchs.

« Cela représente à peu près la part de la Chine avant les mesures gouvernementales, ce qui suggère que les mineurs ont bien cessé leurs opérations, tous en même temps« , selon ce dernier.

Cependant, le réseau a repris une activité aussi intense, et l’a même dépassée. Il ne s’agit plus de la Chine, mais des Etats-Unis, où une partie importante des mineurs s’est relocalisée. Ils cherchent des sources d’énergie au prix peu élevé, et où les législateurs sont partagés sur le sujet encore nouveau des cryptomonnaies.

Le président américain du régulateur des marchés (SEC) Gary Gensler a ainsi qualifié le secteur de « Far West » à plusieurs reprises, reconnaissant fin septembre qu’il n’avait pas le pouvoir d’interdire leur utilisation sans l’appui des parlementaires.