Le Premier ministre français Édouard Philippe a achevé sa visite en Chine par l’obtention de la levée de l’embargo imposé en 2001 sur le bœuf français, ainsi que de nouvelles promesses pour la commande d’avions Airbus. Le gouvernement français tient à préserver ses relations avec la Chine, suite aux nouvelles taxes américaines sur certains produits européens.

Désormais l’embargo sur le boeuf est caduc selon le protocole d’accord signé le 25 juin par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en présence des Premiers ministres, Li Keqiang et Edouard Philippe. Un protocole s’ajoute à cet accord, pour l’exportation de semence bovine française, des agréments pour deux abattoirs porcins (Bigard et Tradival) et deux établissements de lait infantile (Baby Drink et Candia).

Ces partenariats « permettront aux consommateurs chinois d’apprécier l’excellence du terroir français », a salué le Premier ministre français. De son côté, le président de la filière (Interbev) Dominique Langlois vise un objectif de « 30.000 tonnes » par an.

Li Keqiang a souligné que « la Chine est prête à ouvrir davantage son marché et importer davantage de produits agroalimentaires adaptés au marché chinois ». Concernant l’aviation, le Premier ministre chinois a donné des nouvelles encourageantes de la méga-commande Airbus (184 avions A320) arrachée in extremis en janvier par le président Emmanuel Macron mais dont l’officialisation n’est toujours pas engagé.

« Nous sommes prêts à poursuivre nos discussions sur des achats en quantité des avions Airbus, en vue de la signature d’un accord en temps voulu », a indiqué Li Keqiang, en insistant sur « l’attitude positive » de la Chine sur la question.

Edouard Philippe se « réjouis que la Chine ait confirmé sa volonté forte de concrétiser prochainement les engagements pris en janvier concernant les acquisitions d’Airbus. Et même d’en envisager de nouvelles ».

Interrogé par l’agence de presse, Xinhua, considère l’universitaire français Philippe Barret, auteur d’un ouvrage intitulé « N’ayez pas peur de la Chine », a expliqué que la Chine et la France « sont visiblement animées d’intentions positives ». Car « cette visite s’inscrit dans la droite ligne du déplacement en Chine du président (Emmanuel) Macron en janvier dernier. Nous sommes dans une phase de consolidation ».

Pour le sinologue, « les entreprises françaises ont naturellement tout à y gagner ». D’autant que la principale annonce de ce voyage concerne la levée de l’embargo chinois sur la viande bovine française, en vigueur depuis 17 ans.

Au total, 18 accords ont été paraphés dans les secteurs scientifique, médical, du tourisme ou encore de l’énergie. Le groupe nucléaire français Orano a annoncé un accord pour les « travaux préparatoires » de son usine de traitement et recyclage des combustibles usés en Chine.

Toutefois, il faut aller plus loin pour Philippe Barret. Ce dernier a mit l’accent sur la nécessité de « faire des accords commerciaux et industriels, oui, mais cela ne suffit pas (…) Il y aurait beaucoup à faire dans le domaine culturel que, jusqu’à présent, l’on ne fait pas. Ni les Français, ni les Chinois. A commencer par l’apprentissage de la langue chinoise dans l’Hexagone. La demande est pourtant importante ».

« Dans le domaine des arts, à part le cinéma où certaines collaborations se sont nouées, les échanges restent balbutiants. C’est vraiment dommage, car c’est crucial », a considéré Philippe Barret.

L’Irlande, premier exportateur européen de boeuf à accéder au marché chinois