A Hong Kong, les employées de maison, appelées «helpers», sont légion, a écrit HelperChoice dans un communiqué de presse.

Pour la majorité issues des Philippines, elles sont souvent la proie d’intermédiaires peu scrupuleux qui n’hésitent pas à les placer dans des formes d’esclavage moderne. Aujourd’hui, une menace supplémentaire vient secouer leur quotidien, le coronavirus.

HelperChoice, plateforme éthique de mise en relation directe entre employeurs et helpers, a mené une enquête auprès de 921 aides domestiques à Hong Kong, pour savoir comment le coronavirus et l’interdiction de voyager depuis les Philippines affectent leur vie quotidienne et leur travail.

De la fin de la dépendance financière au début de la dépendance sanitaire

 

Près de 400 000 employées à domicile, aussi appelées « helpers », dont la majorité viennent des Philippines, soutiennent au quotidien les familles hongkongaises dans l’entretien de la maison, l’éducation des enfants ou encore l’aide aux proches dépendants.

Celles-ci sont souvent victimes d’abus, notamment de la part d’agences qui pratiquent des frais de placement hors de prix les obligeant à recourir à des prêts aux taux d’intérêt exorbitants, entre 48 % et 60 % par an, et ainsi à s’endetter pendant des mois1. Ces pratiques parfaitement illégales aboutissent à une dépendance financière privant les employées à domicile de leur liberté.

HelperChoice s’inscrit dans une démarche éthique, de la recherche d’un emploi jusqu’à la fin du contrat de travail, en proposant un service de mise en relation sans intermédiaire et totalement gratuit pour les helpers. Depuis sa création, la startup a ainsi facilité plus de 50 000 recrutements et empêché le prélèvement de plus de 60 millions d’euros de frais illégaux. Cependant, une nouvelle menace pèse désormais sur les helpers : le coronavirus.

Des jours de repos perdus : atteinte à la liberté ou sécurité sanitaire ?

Le 30 janvier dernier, le Département du travail de Hong Kong conseillait, dans un avis officiel à tous les travailleurs domestiques étrangers, de ne pas sortir pendant leurs jours de repos : « Le ministère du Travail s’adresse aujourd’hui aux aides domestiques étrangers en leur demandant de rester à la maison pendant leur jour de repos afin de protéger leur santé personnelle et de réduire le risque de propagation du coronavirus dans la communauté. »2

Cette annonce vient s’ajouter aux contraintes déjà subies par les helpers depuis l’apparition du virus. 81% des répondants se disent inquiets face à cette situation, dont près de 57% sont très inquiets. 91% des répondants indiquent que le virus a affecté leur vie quotidienne et leur travail, tandis que 62% précisent qu’il a eu une incidence sur leur jour de repos.

En tant que garant de conditions de travail sûres et équitables pour tous les employés de maison, HelperChoice a mis en place l’envoi d’enquêtes mensuelles sur les conditions de travail et la vérification du nombre de jours de repos octroyés. L’impossibilité actuelle de profiter pleinement des jours de repos porte ainsi atteinte à un droit acquis par les helpers.

De plus, cette situation arrive à la suite de plusieurs mois de troubles politiques avec des manifestations à Hong Kong qui les avaient déjà affectées. Cette nouvelle atteinte à leur liberté est cependant vécue comme le prix à payer pour la sauvegarde de leur santé.

Interdiction de voyager depuis les Philippines, quelles conséquences

HelperChoice a également demandé aux helpers si elles/eux ou leurs proches étaient concernés par l’interdiction actuelle de voyager en provenance des Philippines. Actuellement, aucun citoyen philippin qui se trouve aux Philippines ne peut se rendre en Chine ou dans ses régions administratives spéciales, Hong Kong et Macao. 46% des travailleurs interrogés sont personnellement concernés ou ont des proches touchés par cette interdiction.

Cependant, cette interdiction est dans l’ensemble accueillie avec compréhension de la part des travailleurs : « C’est le moins que nous puissions faire pour aider à combattre le virus ! Il s’agit d’un problème de santé mondial ! Cela peut affecter nos plans actuels en tant que travailleurs domestiques ici à Hong Kong, mais c’est nécessaire », commente Che, helper à Hong Kong.

Quelles solutions pour les employeurs de travailleurs domestiques étrangers

L’interdiction de voyager crée une situation difficile pour les employeurs de travailleurs domestiques étrangers, puisque les personnes venant d’être recrutées à l’étranger et celles qui sont retournées aux Philippines pour prendre des vacances ne peuvent plus se rendre à Hong Kong.

Alors que le Département du travail de Hong Kong a donné son accord pour que tous les contrats de travailleurs domestiques étrangers qui expirent au plus tard le 31 mars soient prolongés jusqu’au 31 mai, une plateforme numérique s’avère être la meilleure solution pour les employeurs désireux d’embaucher un nouveau helper dès maintenant.

La plateforme propose presque exclusivement des profils qui se trouvent déjà à Hong-Kong, n’étant donc pas affectés par l’interdiction de voyager. De plus, toutes les démarches administratives se faisant en ligne, de l’entretien d’embauche jusqu’à la gestion du contrat, le processus de recrutement est simplifié dans cette période difficile pour les déplacements.

Malgré leurs craintes, les employées de maison étrangères restent optimistes quant à la situation à Hong Kong. Dans l’ensemble, plus de 90% des helpers interrogées n’envisagent pas de déménager dans un autre pays pour travailler. Une bonne nouvelle pour les habitants de Hong Kong, puisqu’aujourd’hui, 1 famille sur 7 a recourt à un employé à domicile.