L’Union Européenne devrait poursuivre son dialogue avec la Chine sur les défis mondiaux tels que le climat et les crises sanitaires, tout en soulevant la question de la violation des droits de l’homme, selon le communiqué de presse du Parlement européen.

Dans un rapport adopté le 16 septembre par 570 voix pour, 61 contre et 40 abstentions, le Parlement européen présente six piliers sur lesquels l’UE devrait fonder sa nouvelle stratégie avec la Chine:

  • la coopération sur les défis mondiaux,
  • le respect des normes internationales et des droits de l’homme,
  • l’identification des risques et des vulnérabilités,
  • la mise en place de partenariats avec des acteurs partageant les mêmes valeurs,
  • le renforcement de l’autonomie stratégique
  • la défense des intérêts et des valeurs de l’Europe.

La rapporteure Hilde Vautmans (Renew Europe, BE) a déclaré après le vote que «nous ne devons pas être naïfs quand nous traitons avec la Chine».

«Si la Chine est un partenaire commercial important, c’est aussi un rival systématique qui défie notre mode de vie et l’ordre libéral mondial. Les gains économiques ne doivent pas nous rendre aveugles à l’agenda politique ambitieux du parti communiste chinois, à sa politique étrangère de plus en plus affirmée et à sa répression au Xinjiang et à Hong Kong», a indiqué cette dernière.

Selon elle, «nous devons défendre nos valeurs et nos intérêts en acquérant une autonomie stratégique européenne dans des domaines comme le commerce, le numérique, la sécurité et la défense».

TRAITER LES DÉFIS COMMUNS, NOTAMMENT L’ÉMERGENCE DES PANDÉMIES

Le texte propose de poursuivre la coopération UE-Chine sur un certain nombre de défis mondiaux tels que les droits de l’homme, le changement climatique, le désarmement nucléaire, la lutte contre les crises sanitaires mondiales et la réforme des organisations multilatérales.

Les députés appellent également l’UE à coopérer avec la Chine pour améliorer la réponse aux maladies infectieuses qui pourraient évoluer en épidémies ou en pandémies, par exemple via un système de cartographie des risques et d’alerte précoce. Ils demandent à la Chine de permettre la réalisation d’une enquête indépendante sur les origines et la propagation du COVID-19.

TENSIONS COMMERCIALES, RELATIONS DE L’UE AVEC TAÏWAN

Le Parlement souligne l’importance stratégique de la relation UE-Chine mais précise que le processus de ratification de l’accord global sur les investissements ne pourra débuter tant que la Chine ne lèvera pas ses sanctions contre les eurodéputés et les institutions de l’UE. Les députés exhortent à nouveau la Commission et le Conseil à progresser vers un accord européen d’investissement avec Taïwan.

DIALOGUE ET ACTIONS CONTRE LES VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME

Condamnant les violations systémiques des droits de l’homme en Chine, les députés appellent à un dialogue régulier sur les droits de l’homme entre l’UE et la Chine, ainsi qu’à l’introduction de critères permettant de mesurer les progrès réalisés. Les discussions devraient inclure les violations des droits de l’homme au Xinjiang, en Mongolie intérieure, au Tibet et à Hong Kong.

Selon le communiqué de l’institution, le Parlement regrette la coercition exercée par la Chine à l’encontre de sociétés européennes ayant coupé les liens de la chaîne d’approvisionnement avec le Xinjiang en raison de préoccupations concernant la situation du travail forcé dans la région. Il appelle l’UE à soutenir ces entreprises et à s’assurer que la législation européenne actuelle interdise effectivement aux entreprises impliquées dans des abus au Xinjiang d’opérer dans l’UE.

5G ET LUTTE CONTRE LA DÉSINFORMATION

Les députés soulignent la nécessité de développer des normes internationales avec des acteurs partageant les mêmes valeurs pour les technologies de prochaine génération telles que les réseaux 5G et 6G. Les entreprises qui ne se conforment pas aux normes internationales doivent être exclues, affirment-ils.

Le rapport demande enfin que le Service européen pour l’action extérieure obtienne un mandat ainsi que les ressources nécessaires pour lutter contre les opérations de désinformation de la Chine, notamment via la création d’une task force Stratcom spécifique pour l’Extrême-Orient.