La cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam fait face à des critiques dans son propre camp vis-à-vis du projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine. Ce projet est à l’origine des manifestations depuis plusieurs semaines.

Hong Kong a connu le 12 juin ses pires violences politiques depuis sa rétrocession en 1997. Des dizaines de milliers de protestataires ont été dispersés par la police anti-émeute, très souvent avec violence.

La contestation réunie tant des avocats, organisations juridiques influentes, capitaines d’industrie, chambres de commerce, journalistes, que des militants et diplomates occidentaux.

Le 9 juin, un million de personnes ont manifesté dans les rues hongkongaises, mais Carrie Lam est restée inflexible, refusant d’abandonner son projet. Or ce 14 juin, des critiques ont fusé de son propre camp, notamment par la voix du député pro-Beijing Michael Tien qui a ouvertement appelé l’exécutif à renoncer.

« Elle gagnerait des points plutôt que d’en perdre« , a-t-il dit aux journalistes. « Il n’est jamais trop tard. Il y a de nouvelles situations qui se présentent et qui sont une occasion pour les dirigeants de changer de position. Il n’y a pas de mal à ça. »

Le propre conseiller de Carrie Lam a estimé que précipiter l’adoption du projet de loi par le Conseil législatif (« LegCo »), le « Parlement » local, était désormais « impossible ».

« Personnellement, je crois qu’il est impossible de discuter (du projet de loi) s’il y a tant de conflit de toute part », a déclaré à RTHK, Bernard Chan, qui siège au Conseil exécutif, et qui fut nommé haut conseiller par Carrie Lam il y a deux ans.

« A tout le moins, il s’agit pour nous de ne pas provoquer d’escalade dans l’antagonisme », a-t-il ajouté, sans aller jusqu’à prôner le retrait du texte. De son côté, Ronny Tong, aussi membre du Conseil exécutif, a également préconisé des consultations sur le projet de loi avant de le pousser plus avant, selon RTHK.

Il s’agit des premières réserves exprimées par les partisans du projet de loi. Les principaux organisateurs des manifestations de Hong Kong ont appelé à un nouveau rassemblement le 16 juin, ainsi qu’à la grève générale le 17 juin.

De leurs côtés, les principales figures du camp prodémocratie ont demandé le retrait pur et simple du projet. Selon eux, le projet sape le principe du « un pays, deux systèmes ». « Nous ne pouvons faire confiance aux députés pro-establishment« , a déclaré l’élu prodémocratie Alvin Leung. « Nous voulons que Carrie Lam nous dise si elle va ou non retirer le projet de loi », a indiqué ce dernier.