L’internationalisation du yuan « continue » ont estimé les experts du FMI, rassurant les efforts réalisés par Beijing pour intégrer les Droits de tirage spéciaux (DTS), unité de compte du FMI actuellement composée de quatre devises (dollar, euro, livre et yen). Pour pouvoir avoir l’aval définitif du FMI, la Chine doit répondre à deux conditions, qui seront scrutés à la loupe par les États-Unis, réticents à faire entrer la Chine dans le panier des devises internationales.

Ces deux conditions en passe d’être remplies par Beijing imposent que l’utilisation du yuan à grande échelle sur le globe et la monnaie doit être librement convertible. Bien que la décision finale n’est pas encore été prise, Gerry Rice, porte-parole du Fonds monétaire international (FMI), a assuré que le processus d’examen du FMI était « sur les rails » et respectait « le calendrier prévu ».

Dans un rapport, les experts du Fonds ont indiqué que la monnaie chinoise « remplit les conditions » pour rejoindre les Droits de tirage spéciaux (DTS). Christine Lagarde, directrice du Fond, a elle-même assuré que « les équipes du FMI estiment que le RMB (renminbi, autre nom donné au yuan, ndlr) (…) doit être inclus dans le panier des DTS ». Cette dernière a dit « soutenir » la recommandation faite dans le cadre de l’examen quinquennal de ce panier de monnaies.

YuanD’ailleurs, en août, Christine Lagarde avait réitéré son soutien au gouvernement chinois, malgré les fluctuations des bourses chinoises. Le fonds avait alors affirmé que les mesures prises par Beijing (dépréciation du yuan) n’auraient pas « d’implication directe » sur la décision d’intégrer ou non la devise chinoise parmi les monnaies de référence internationale.

Le rapport du FMI et les prises de position des experts représentent une victoire diplomatique pour la Chine. Seul bémol, le FMI et surtout les États-Unis veulent d’interdire à la Chine d’intervenir dans les fluctuations de sa monnaie. D’ailleurs, une note du fonds, publié en août, avait indiqué qu’un « important travail » restait à accomplir avant qu’une recommandation claire puisse être faite sur le yuan.

Pour répondre à ces exigences, la Banque populaire de Chine (BPC) avait modifié sa manière de déterminer le taux de référence du yuan. Désormais, le taux de référence du yuan doit principalement se baser sur le prix de clôture de la veille du taux de change traité. Par conséquent, ce taux se rapproche d’un taux de change moderne, dépendant de l’offre et de la demande.

Les autorités chinoises ont également accepté d’adhérer à un mécanisme du FMI permettant d’améliorer la qualité de ses statistiques économiques, dont la fiabilité est régulièrement mise en doute. Les réformes entreprises ont convaincu les experts du FMI, qui, dans son rapport, « estiment que le RMB est une monnaie librement utilisable », a indiqué Christine Lagarde.