Suite aux augmentations de taxes douanières annoncées par l’administration Trump, le gouvernement chinois a décidé de répliquer, malgré ses marges de manoeuvre limitées.

A lire aussi : La Chine réplique face à la Chine

Ainsi, Beijing pourrait entraver le fonctionnement des entreprises américaines situées sur le sol chinois. Les autorités pourraient avec des exigences réglementaires, durcir les contrôles sanitaires et fiscaux ou encore bloquer les produits à la Douane.

Ces mesures « bénéficieraient d’un large soutien en Chine, mais elles mineraient davantage la confiance des entreprises » étrangères, a indiqué Jake Parker, de la Chambre de commerce américaine, à l’agence de presse, Reuters.

A lire aussi : La Chine moins attractive pour les investissements directs à l’étranger

Si le gouvernement chinois décide de prendre pour cible les entreprises américaines, cela constituerait « une escalade », a estimé Jacob Funk Kirkegaard, chercheur au Peterson Institute for International Economics (PIIE).

« Si on fait ça, on prend le risque que l’administration Trump décide de faire un autre ZTE et bloque l’accès (de la Chine) à certaines technologies« , a précisé ce dernier.

Pourtant l’an dernier, Washington a interdit toutes ventes de composants électroniques au géant chinois des télécoms ZTE, le conduisant à la faillité. Washington l’accusait d’avoir violé des embargos contre l’Iran et la Corée du Nord. Donald Trump avait finalement consenti à revenir sur cette décision.

Le boycott serait aussi une mesure prise par le gouvernement en réaction aux sanctions américaines. Ainsi, les Chinois pourraient ne plus acheter de produits phares américains, dont les iPhone. Mais cela pénaliserait les millions de Chinois employés par des entreprises américaines en Chine et leurs partenaires locaux.

La Chine peut revoir ses contrats avec Boeing, dont le marché chinois est capitale pour la compagnie américain, qui y vend un quart de ses avions. Le quotidien Global Times a relancé la possibilité que son pays réduise les commandes de Boeing.

L’avionneur reste « confiant » en dépit de la situation entre les deux premières puissances économiques mondiales. Fin mars, la Chine a finalisé une commande ferme de 300 Airbus, lors de la visite du président chinois Xi Jinping en France.

Enfin, la Chine est le principal détenteur de dette américaine, soit près de 1.200 milliards de dollars (105 mds €)). Mais vendre une partie conséquente de cette dette serait risqué, car toute déstabilisation des marchés pourrait entamer la valeur des bons du Trésor détenus par Beijing.