Les ponts de bois en arc dans les provinces du Fujian et du Zhejiang, le long de la côte sud-est du pays ont été inscrits en 2009 sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO, nécessitant une sauvegarde urgente.

Un pont arc-en-ciel est un type de pont en bois conçu sous la dynastie des Song entre 960 et 1279. Face à la hausse démographique durant la dynastie Song, les canaux d’irrigation se multiplient pour permettre aux gens de travers les rizières et une meilleure circulation des biens.

Ces ponts bon marché étaient construits rapidement, mais ils étaient solides pouvant résister au temps et aux passages. Les ponts en arc-en-ciel sont des ponts en bois, d’une seule travée, dont les piles reposent sur les rives et non dans le cours d’eau.

La particularité de ces ponts est la charpente de leur tablier qui est composée de deux charpentes en troncs imbriquées entre elles. Cette imbrication est construite de telle sorte qu’elles se bloquent mutuellement sous leur propre poids. Le reste du pont est classique avec des fondations en pierre de taille, un revêtement en planches ou en pierre, garde-corps, etc.

L’autre particularité de ces ponts est leur esthétique, car la courbe de l’arche et le volume du pont sont réduits au minimum grâce à l’utilisation du bois ce qui le rend aérien et gracieux.

La conception et les pratiques traditionnelles de construction de ces ponts associent l’usage du bois et des outils d’architecte traditionnels, l’artisanat, les techniques fondamentales de «tissage de poutres» et d’assemblage par mortaises et tenons, ainsi que la connaissance par le charpentier expérimenté des différents environnements et des mécanismes structuraux nécessaires, note le site de l’UNESCO.

Un maître charpentier travaille, mais le bois est exécuté par d’autres travailleurs, car «cet artisanat est transmis oralement et par des démonstrations personnelles, ou d’une génération à l’autre par des maîtres instruisant des apprentis ou les proches d’un clan, conformément à des procédures rigoureuses».  

«En tant que véhicules de l’artisanat traditionnel, les ponts en arc font office à la fois d’outils et de lieux de communication. De plus, l’espace culturel créé par les ponts en arc traditionnels chinois a créé un contexte qui favorise la communication, la compréhension et le respect mutuel entre les êtres humains», souligne l’UNESCO.

Mais la tradition décline depuis quelques années en raison de «l’urbanisation rapide, de la rareté du bois d’œuvre et du manque d’espace de construction disponible, et la combinaison de ces facteurs met en péril sa transmission et sa survie», a déploré l’UNESCO.