Les autorités taïwanaises ont reproché ce 25 mars au gouvernement chinois d’avoir caché l’étendue de l’épidémie due au coronavirus et de se soucier davantage de son maintien au pouvoir que de son peuple. Les autorités chinoises ont qualifié ces accusations de calomnie.

L’épidémie de Covid-19, et l’intensification des manœuvres chinoises aux abords de l’île nationaliste ces dernières semaines, mettent à rude épreuve les relations entre Beijing et Taipei.

Le gouvernement taïwanais accuse par ailleurs la Chine de l’avoir empêchée d’obtenir des informations sur l’épidémie auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le 24 mars, le Premier ministre taïwanais Su Tseng-chang a accusé Beijing d’avoir tardé à communiquer au sujet de l’épidémie.

Le lendemain, Cho Jung-tai, président du Parti démocrate progressiste, parti au pouvoir, a réitéré cette accusation, ajoutant que la Chine avait délibérément trompé l’OMS. « Depuis le début de l’épidémie, à la fin de l’année dernière, la Chine l’a dissimulée et a manipulé l’OMS pour faire croire que tout allait bien », a-t-il déclaré lors d’une réunion de son mouvement.

« L’attitude du Parti communiste chinois consistant à privilégier la stabilité plutôt que la vie et la santé des gens a permis la propagation de l’épidémie et a gravement terni l’image de grande puissance que la Chine s’est soigneusement forgée », a ajouté Cho Jung-tai.

Beijing nie fermement toute tentative de dissimulation, et assure avoir fait en sorte que Taïwan obtienne les informations nécessaires pour enrayer l’épidémie. Zhu Fenglian, porte-parole du Bureau des affaires de Taïwan du Conseil des Affaires d’État, a déclaré que « la partie continentale de la Chine a toujours partagé les informations sur l’épidémie de nouveau coronavirus avec Taïwan ».

Il a réfuté cette « calomnie de ‘la dissimulation’ de certains membres du Parti démocrate progressiste (PDP) ». Le porte-parole a d’ailleurs précisé qu’en date du 24 mars, « la partie continentale a envoyé 101 notes à Taïwan, dont les informations sur son partage du séquençage génomique avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ».

Zhu Fenglian a précisé que son gouvernement « a agi de manière très responsable en faveur de la santé publique et du bien-être de la population de Taïwan, alors que le PDP n’a pas dit la vérité ».