Le président sortant Donald Trump a signé un décret présidentiel interdisant aux entreprises américaines toute transaction avec huit applications chinoises, a annoncé la Maison blanche, le 5 janvier.

Cette mesure est destinée à endiguer, selon Washington, la menace représentée pour les américains par les applications chinoises, qui disposent de millions d’utilisateurs. De plus, ces applications chinoises auraient accès à des données sensibles, d’après un haut représentant à l’agence de presse Reuters.

Le décret stipule que les Etats-Unis doivent prendre des « mesures agressives » contre les développeurs chinois d’applications, afin de protéger la sécurité nationale. Il donne la responsabilité au département du Commerce de définir les transactions qui seront interdites.

Le département cible Alipay, qui appartient à Ant Group, ainsi que les applications chinoises QQ Wallet et WeChat du groupe Tencent. Aucun commentaire n’a été obtenu auprès d’une porte-parole de Tencent aux Etats-Unis et de l’ambassade de Chine à Washington.

Le décret vise à renforcer la ligne dure adoptée par Donald Trump contre la Chine avant que le président élu démocrate Joe Biden lui succède à la Maison blanche le 20 janvier. Joe Biden n’a pas communiqué ses intentions à l’égard de la Chine.

Joe Biden pourrait supprimer ce décret dès sa prise de pouvoir, mais pour l’heure, l’équipe de transition du démocrate n’a pas répondu à une demande de commentaire sur le sujet de la part de Reuters.

Le décret accorde au département du Commerce un délai de 45 jours pour agir, qui a prévu d’avancer sur le dossier avant que Donald Trump ne quitte la Maison blanche, a déclaré à Reuters un représentant.

Les tensions entre la Chine et les Etats-Unis se sont amplifiées au cours de l’année 2020 concernant plusieurs questions, parmi lesquelles le commerce, Taïwan, le Tibet, la pandémie de coronavirus et la situation à Hong Kong.

Le décret s’ajoute à ceux signés par Donald Trump en août 2020 pour ordonner au département du Commerce de bloquer certaines transactions avec WeChat et l’application TikTok, propriété du groupe chinois ByteDance. Or, ces mesures ont été bloquées par des tribunaux américains.

En novembre, la Maison blanche a dévoilé un décret interdisant les investissements américains dans les entreprises chinoises considérées comme détenues ou contrôlées par l’armée chinoise, une mesure renforcée depuis lors.