John Lee, unique candidat au poste de chef de l’exécutif et favori de Pékin, a été élu à la tête de la ville, après avoir étouffé les manifestations pro-démocratie de 2019.

Pour le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, cette désignation «viole les principes démocratiques et le pluralisme politique».

Selon lui, «le processus de sélection» de cet ancien policier responsable de la sécurité de la ville, «est une nouvelle étape dans le démantèlement du principe  »un pays, deux systèmes ». Les autorités chinoises et de Hong Kong doivent respecter leurs engagements nationaux et internationaux», a déclaré Josep Borrell sur son compte Twitter.

À 64 ans, John Lee a été désigné le 8 mai par un comité de 1461 personnalités acquises à Pékin, dont 36 membres n’ont pas prit part au vote. Pékin a salué ce résultat, y voyant la preuve que «la société hongkongaise a un niveau élevé de reconnaissance et d’approbation» pour John Lee.

John Lee sera le premier dirigeant de Hongkong issu du milieu des forces de sécurité. Les médias hongkongais disent de lui qu’il a bénéficié d’un «ascenseur en platine». En effet, ce dernier est depuis l’an dernier, le numéro deux de l’exécutif.

Il avait géré la sécurité de Hong Kong au moment des gigantesques manifestations pro-démocratie de 2019. Cette position lui a permis de gagner la confiance de Pékin, qui a souvent soupçonné les élites de Hong Kong de manque de loyauté ou d’incompétence.

«John Lee est celui que le gouvernement central connaît le mieux, parce qu’il a constamment eu des contacts et des interactions avec la Chine continentale», a expliqué à l’AFP l’homme d’affaires Michael Tien, membre pro-Pékin du Conseil législatif de Hong Kong.

Il entamera son mandat de cinq ans le 1er juillet, date du 25e anniversaire de la restitution de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni. Mais il fait désormais partie de la liste de personnalités chinoises et hongkongaises sanctionnées par les États-Unis.

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L’arrivée de John Lee marque une rupture avec les quatre chefs de l’exécutif qui l’ont précédé depuis le retour de Hong Kong dans le giron chinois en 1997, tous issus du monde des affaires ou de l’administration.

John Lee, catholique éduqué chez les jésuites, a grandi dans le quartier populaire de Sham Shui Po. Alors qu’il était promis à des études d’ingénieur, il a décidé de rejoindre la police. Il a raconté à un journal pro-chinois avoir fait ce choix par vocation, après avoir été intimidé et battu par des voyous lorsqu’il était enfant.

Marié et père de deux fils, John Lee est discret vis-à-vis de sa famille. Il a notamment refusé de dire si elle possédait encore la nationalité britannique, alors qu’il y a lui-même renoncé en entrant au gouvernement.

Il a promis de faire de la «sécurité nationale» une de ses priorités, assurant la poursuite de la campagne entamée par sa prédécesseure Carrie Lam. Cependant, il est attendu sur l’économie par les milieux d’affaires de la troisième place financière mondiale.