Ancien chef de la sécurité de Hong Kong lors des manifestations pro-démocratie de 2019, John Lee a ordonné l’envoie des forces de police sur les manifestants, et a assuré une application stricte de la nouvelle politique de Pékin à Hong Kong.

Celui qui avait supervisé la répression du mouvement pro-démocratie a été désigné le 8 mai à la tête de Hong Kong par un petit comité loyal à Pékin. John Lee, un ancien policier de 64 ans, était le seul candidat à la succession de la dirigeante sortante Carrie Lam, qui a décidé de ne pas briguer un nouveau mandat de cinq ans.

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Issu de la classe ouvrière, il a commencé sa carrière comme simple policier en uniforme pour gravir les échelons au fur et à mesure, devenant le premier dirigeant de Hong Kong issu du milieu des forces de sécurité.

UN VOTE PRO-PÉKIN

Le chef de l’exécutif hongkongais est désigné par un «comité électoral» de 1 461 personnes – soit 0,02 % de la population — composé de représentants de l’élite politique et économique tous acquis à Pékin. John Lee, seul candidat, a été approuvé à 1 416 voix par le comité, car 36 membres du comité n’ont pas voté.

Lors de ce processus de désignation, les manifestations ont été largement interdites à Hong Kong. Les autorités ont interdit les rassemblements publics de plus de quatre personnes en raison du Covid-19, ainsi qu’à une nouvelle loi sur la sécurité nationale.

La Ligue des sociaux-démocrates a organisé une manifestation de trois personnes avant l’ouverture des bureaux de vote. Ils scandaient «le pouvoir au peuple, le suffrage universel maintenant».

Pékin a imposé en 2020 à Hong Kong une loi sur la sécurité nationale qui a étouffé toute dissidence, ainsi qu’une réforme du système politique pour faire en sorte que Hong Kong soit dirigé exclusivement par des «patriotes» loyaux envers le régime chinois.

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Selon les analystes, cités par l’Agence France Presse, le soutien sans faille de John Lee à la politique de Pékin lui a valu d’obtenir la confiance du régime chinois, traditionnellement méfiant à l’égard des élites politiques de Hong Kong.

«Il est l’homme qui a réussi le test», a affirmé à l’AFP Lai Tung-kwok, le prédécesseur de John Lee à la tête de la sécurité de Hong Kong. Une fois élu, John Lee est déjà présent sur la liste de personnalités chinoises et hongkongaises sanctionnées par les États-Unis.

UN NOUVEAU DIRIGEANT AVEC UN PROGRAMME VIDE

Bien que le mouvement pro-démocratie a été écrasé par la loi sur la sécurité nationale, une majorité d’hongkongais a un profond ressentiment à l’égard de Pékin et de la colère contre les profondes inégalités dans la société hongkongaise.

Hong Kong, troisième place financière mondiale, reste coupée du monde en raison de ses restrictions drastiques contre le Covid-19. Sous le slogan «Entamer ensemble un nouveau chapitre pour Hong Kong», John Lee a promis une gouvernance «orientée vers les résultats».

Son programme de 44 pages possède peu de mesures concrètes, selon l’AFP. John Lee a assuré qu’il révélera plus de détails après sa prise de fonctions le 1er juillet, jour du 25e anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni.