L’Union européenne ne tient pas à entrer dans une « guerre froide » avec la Chine, a indiqué le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

« J’ai dit au ministre des Affaires étrangères chinois: ‘Ne vous inquiétez pas, l’Europe ne va pas s’engager dans une quelconque guerre froide avec la Chine' », a déclaré Josep Borrell, lors d’un entretien entretien en vidéoconférence avec le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi pour préparer un sommet UE-Chine.

« Nous travaillons déjà depuis longtemps sur la désinformation. Nous avons commencé il y a cinq ans. Ces dernières années, la désinformation a également porté sur des sources provenant de Chine, mais elle n’est pas dirigée contre la Chine », a expliqué le diplomate européen, lors de la présentation d’une stratégie pour lutter contre la désinformation sur les questions sanitaires.

« La Russie et la Chine sont derrière des campagnes de désinformation contre les actions menées dans l’UE pour lutter contre la propagation du Covid-19. Nous avons suffisamment de preuves », a assuré Vera Jourova, vice-présidente de la Commission, en charge des Valeurs et de la Transparence.

« Ces campagnes affaiblissent les mesures prises en matière de santé et elles vont s’amplifier contre les campagnes de vaccination », a averti cette dernière. « Mais nous n’avons pas de capacité de coercition », a reconnu de son côté Josep Borrell.

« Surtout que les autorités russes et chinoises affirment ne pas être responsables de ces campagnes » car les média qui les véhiculent « sont des entreprises privées », a indiqué ce dernier.

Josep Borrell a déclaré avoir reçu des assurances du ministre chinois sur le fait que la Chine « n’avait pas d’ambitions militaires ». « Les mots comptent dans la diplomatie mais les faits comptent peut-être plus. Nous sommes pleinement conscients en Europe que la Chine augmente ses dépenses militaires », a-t-il toutefois souligné.

« Une chose est ce que les Chinois disent. Une autre est notre connaissance des faits », a-t-il conclu. Dans son allocution prononcée lors du 10ème cycle de dialogue stratégique sino-européen de haut niveau, le ministre de la diplomatie Wang Yi a souligné que la Chine et l’UE devraient accélérer conjointement la reprise du travail, maintenir la stabilité de la chaîne d’approvisionnement et de la chaîne industrielle, faciliter le partage d’expériences sur la santé publique, et entre autre fournir des efforts concertés dans la recherche des vaccins et médicaments.

Pour sa part, la chancelière allemande Angela Merkel a réaffirmé, lors d’une réunion du Conseil de l’Union européenne consacrée aux affaires étrangères et à la politique de sécurité, qu’il était nécessaire pour l’UE d’accorder la priorité au développement des relations avec la Chine et de mener davantage de coopération avec elle dans les domaines touchant aux changements climatiques, à la protection de l’environnement et à la sécurité sanitaire.