Des milliers d’avocats ont défilé silencieusement le 6 juin dans la soirée à Hong Kong afin de protester contre un projet du gouvernement local d’autoriser les extraditions vers la Chine continentale.

Vêtus de noir, les manifestants ont marché jusqu’au siège du gouvernement, devant lequel ils ont observé trois minutes de silence. Cette mobilisation des avocats est un phénomène très rare dans l’ancienne colonie britannique. Selon les organisateur,s ils étaient entre 2.500 et 3.000 à protester.

« Comme tout le monde peut le voir, ils (les manifestants) ne sont venus que pour une seule raison, parce qu’ils savent qu’il y a une menace envers l’Etat de droit à Hong Kong« , a déclaré Dennis Kwok, parlementaire co-organisateur de la manifestation.

Selon lui, « ce projet de loi, s’il passait, ferait un dégât irréparable à notre système légal, à l’Etat de droit et aux valeurs que nous chérissons« . Le projet est soumis au Parlement local (le Conseil législatif, LegCo), mais a déjà provoqué de grandes manifestations, notamment fin avril.

« Une fois que le texte deviendra loi, il sera impossible de garantir la sécurité de toute personne vivant ou travaillant à Hong Kong, où même passant par Hong Kong« , a assuré, de son côté, Martin Lee, avocat et figure du mouvement pro-démocratie.

En vertu du principe « un pays, deux systèmes », Hong Kong bénéficie actuellement d’un système juridique distinct de celui de la Chine, jusqu’en 2049. Or, les autorités hongkongaises ont annoncé en début d’année un projet pour réviser ses règles d’extradition et permettre « au cas par cas » le transfert de fugitifs en Chine continentale pour la première fois.

En effet, ce texte inquiète de plus en plus les milieux d’affaires, qui craignent que ce changement législatif n’entache l’attractivité de la place financière hongkongaise. Des juristes, des milieux financiers et aussi des diplomates occidentaux s’inquiétent aussi pour leurs ressortissants.