Des manifestants ont été délogés près de l’ambassade de Chine par les services de sécurité, certains ont été arrêté par la police prés de l’ambassade de Chine.

Les manifestants s’opposaient aux prétendus projets de renforcement de la présence militaire de la Chine dans le pays. Ces dernières années, le Cambodge est un allié important de la Chine. Le pays a été accusé d’avoir donné de l’influence à la Chine en échange d’un soutien économique.

Interrogé par le journal français, Les Échos, Charles Edel, un stratège militaire de l’université de Sydney, a dit penser que la Chine veut faire du Cambodge une tête de pont en Asie du Sud-est.

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«Elle a besoin d’une présence militaire dans la région», a expliqué ce dernier. Cela lui permettrait d’asseoir son emprise sur cet espace maritime qu’elle estime lui appartenir et qui comprend déjà une série d’îlots militarisés, ainsi que d’assurer sa sécurité énergétique.

«La côte sud du Cambodge se trouve juste en face d’un nouveau canal à travers la Thaïlande qui permettra de contourner le détroit de Malacca, un goulet d’étranglement par lequel passent les importations de pétrole de la Chine», a indiqué ce dernier.

La Chine possède plusieurs installations à potentiel militaire près de Sihanoukville. Dans la province voisine de Koh Kong, l’entreprise Union Development Group, une filiale de la société immobilière Tianjin Wanlong Group, a obtenu en 2008 une concession de 45 000 hectares. Elle y a déjà construit un complexe hôtelier et un casino, et prévoit d’y adjoindre un port, une zone industrielle et un aéroport.

Tous ces projets sont aujourd’hui contestés par les cambodgiens. Après de brèves échauffourées, les gardes de sécurité de la ville ont emmené trois manifestants dans une camionnette de la police à proximité, selon une vidéo diffusée en direct des médias locaux.

D’après l’agence de presse, Reuters, «nous rejetons la présence militaire chinoise au Cambodge», a crié un manifestant, agitant un drapeau cambodgien, alors qu’un policier muni d’un porte-voix donnait au groupe cinq minutes pour se disperser.

Le gouvernement cambodgien a démenti à plusieurs reprises les informations selon lesquelles la Chine avait conclu un accord secret lui permettant de placer des forces à la base navale de Ream. Il affirme que l’accueil des forces étrangères serait contraire à la constitution du Cambodge.

Le porte-parole de la police de Phnom Penh, San Sok Seyha, a déclaré que les personnes détenues avaient été interpellées car le rassemblement n’avait pas reçu de permis. «Nous devons protéger l’ambassade et maintenir l’ordre public pour tous», a-t-il déclaré.

La manifestation fait partie d’un rassemblement plus large organisé par l’opposition dissoute, le Parti du sauvetage national du Cambodge pour marquer le 29ème anniversaire de l’accord de paix de Paris mettant fin à la guerre civile au Cambodge, a déclaré l’ancien vice-président du parti, Mu Sochua.