Née en 1970, cette écrivaine chinoise est devenue célèbre grâce à son roman, « Les bonbons chinois » publié en France en 2001. Considérée comme l’égérie d’une génération post-maoiste attirée par le sexe, la drogue, l’alcool, Mian Mian (棉棉) manie avec subtilité un ton réaliste et optimiste, pour parler de la jeunesse chinoise.

Ses douceurs chinoises

Les bonbons chinoisSon second roman, “Les Bonbons chinois”, fait le récit de son expérience personnelles, entre sexe, drogue et boites de nuit. Interdit en Chine, le livre raconte les aventures d’une jeune écrivaine, appelée Xiao Hong, qui n’est autre que la représentation de la jeunesse dite « dépravée » de Shanghai.

Devenue une référence dans la littérature contemporaine chinoise, Mian Mian possède un style très particulier, empreint de référence musicales et littéraires, parmi lesquels Cui Jian, Suzanne Vega, Hang on the box, le poème complet « Les corbeaux » de Shitan.

Considérée par certains critique littéraires de « bad girl à la sauce shanghaienne », Mian Mian a su rendre son livre poignant, grâce au fil conducteur amoureux, à travers la relation de Xiao Hong et Saining, guitariste, rencontré à Shenzhen.

Au-delà du contexte « trash », le livre parle de la recherche de l’amour dans une ville où tout peut se passer, le bon comme le mauvais.

Sa vie, ses œuvres

Originaire de Shanghai, Mian Mian est née dans une famille d’intellectuel. Elle considère son roman « Les bonbons chinois » comme la thérapie qui lui a fait arrêté la drogue et les soirées mouvementées.

D’ailleurs, son ouvrage « Panda sex » met en avant la désillusion et l’impasse d’un couple, mais aussi de l’amour et du sexe. L’auteure explique au journaliste Pierre Haski que « Plus il y a d’amour, moins il y a de désir ».

Toutefois, « cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de désir, mais on ne peut plus faire l’amour si on s’aime vraiment. Moi, j’aimais faire l’amour avec des touristes, avec des visiteurs étrangers, sans lendemain ».

Panda SexSon roman fait état de la vie sexuelle des pandas. Comme chacun sait, les pandas n’ont pas d’appétit sexuel malgré les efforts des chercheurs pour les pousser à copuler. Il ont en moyenne deux rapports sexuels par an entrainant des problèmes de sauvegarde de l’espèce.

Mian Mian vs Google

En octobre 2009, Mian Mian porte plainte contre le géant Google, l’accusant d’avoir scanné son dernier ouvrage, « Acid Lovers« , et de l’avoir mis en ligne sans la prévenir ni lui verser des droits d’auteur. Cette dernière demande l’équivalent de 6.000 euros de dommages et intérêts et exige des excuses publiques.

Décembre 2009, un juge du tribunal de Pékin, statut pour une négociation en vue d’un compromis entre les deux parties. Toutefois, la porte-parole de Google Chine, Marsha Wang, avait fait savoir au préalable que sitôt la plainte déposée, le moteur de recherche avait retiré le roman de l’auteure.

Cependant, le livre pouvait être consulté au moyen de mots-clés, raison pour laquelle, l’avocat de l’écrivain, Sun Jingwei, a réclamé la suppression par Google de« l’intégralité de tous les passages du livre ». Ce dernier a d’ailleurs indiqué qu' »un tel comportement est une claire violation des droits de l’auteur : nous exigeons des excuses publiques ! »

Cette affaire dépasse les limites de la simple plainte, Google est souvent accusé pour la liberté que prend la compagnie à mettre en ligne des ouvrages sans autorisation, provoquant de virulentes réactions dans les milieux littéraires des États-Unis et d’Europe. Une telle affaire en Chine a suscité le débat, parfois nationaliste contre Google, jugé « impérialiste ».

Cependant, l’histoire a prit un tournant inattendu. En effet, les négociations ont été rompu lors de l’annonce de Google de ne plus se plier à la réglementation chinoise sur la censure, bloquant de fait toute résolution de cette affaire. Cinq ans plus tard, les négociations sont toujours rompues et la confrontation entre Pékin et Google perdure.

C.T.

Bibliographie:

  • L’Amant de Hongkong (Xiānggǎng Qīngrén 香港情人);
  • Les Bonbons chinois  (Táng 糖), éditions de l’Olivier, traduit par Sylvie Gentil. 2001;
  • Panda Sex, traduit par Sylvie Gentil, édition Au Diable Vauvert, 2009.
  • Acid Lovers