La pollution avait considérablement diminué lors du confinement de la Chine, durant près de deux mois, mais la reprise de l’activité économique a entraîné de nouvelles hausses.

La pandémie de coronavirus avait provoqué un arrêt des usines, nettoyant le pays, mais la reprise du travail a provoqué son retour, d’autant plus vite que les industriels tentent de rattraper le temps perdu.

Les niveaux de polluants toxiques dans l’air étaient plus élevés en avril qu’à la même période en 2019, selon des données publiées le 8 mai par Greenpeace Chine.

«Ce qui est frappant c’est la vitesse avec laquelle le niveau de pollution est remonté après la forte chute enregistrée au cours du premier trimestre», a expliqué Li Shuo, expert-climat de l’ONG, à l’Agence France Presse.

Des images satellites publiées par la NASA et l’Agence spatiale européenne ont montré que les niveaux d’émission de nitrogène dioxyde dans les grandes villes de l’Est et du Centre, où sont situées de nombreuses usines chimiques, des aciéries et cimenteries, étaient en baisse de 30% au cours des deux premiers mois de l’année 2020.

Le niveau de ce polluant était repassé en avril à 25,4 par mètre-cube d’air en avril, contre 24,6 en avril de l’an dernier. Selon l’OMS, la pollution de l’air chronique réduit l’espérance de vie des Chinois de plus de quatre ans.

Une reprise vigoureuse de la production industrielle et des conditions météo défavorables ont influé sur le mauvais chiffre d’avril, a précisé Li Shuo. La production d’électricité, essentiellement produite au charbon, a notamment augmenté de 1,2% en avril 2020, a-t-il précisé.

De son côté, le ministère de l’Industrie a indiqué que des responsables locaux de la province de Fujian, qui compte de nombreuses usines textiles et des équipementiers électroniques, n’ont pas fait appliquer les limitations d’émissions et ont même accepté pour cela des pots-de-vins de certaines sociétés.

Certains gros pollueurs ont même été pris en flagrant délit de fausses déclarations sur le système de déclaration en ligne mis en place par le gouvernement, a précisé le ministère.