Initié en 2013, le projet One Belt, One Road (Une Ceinture, Une Route) est un méga-projet d’infrastructure, à la fois politique et économique, visant à relancer l’économie de la Chine et s’allier le plus grand nombre d’Etat pour contrebalancer la domination américaine.

Une Ceinture, Une Route se décompose en deux aspects : terrestre et maritime basé sur 3 continents (Asie, Afrique, Europe). Pour pouvoir relier tous ces pays, Beijing n’hésite pas à investir dans la construction de ports, d’aéroports, de barrages hydroélectriques, d’autoroutes et de voies ferrées.

Ces projets sont financés via la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII), dont le fonds actuel atteint 100 millions de dollars (87 millions d’euros). La banque détient environ 30% des parts, contre par exemple, 8,4% pour l’Inde, 6,5% pour la Russie, 4,5% pour l’Allemagne et 3,4% pour la France.

Zhan Su, professeur de stratégie et de management international et titulaire de la Chaire Stephen-A.-Jarislowsky en gestion des affaires internationales à l’Université Laval, a expliqué à Les Affaires que One Belt, One Road « est un projet très sensé. Toutefois, les Américains et les Japonais ne sont pas très enthousiastes. Ça menace leur hégémonie« .

Lors d’une réunion en présence de plusieurs responsables gouvernementaux, entrepreneurs et universitaires, le 18 août, le président Xi Jinping, a indiqué que « plus de 100 pays et organisations internationales ont participé à cette initiative, et plus de 20 nations ont travaillé avec la Chine dans la coopération de la capacité de production dans des domaines tels que la construction des chemins de fer et l’énergie nucléaire« .

Cité par Le Quotidien du peuple, Wang Yiwei, expert en études européennes avec l’Université Renmin de Chine à Beijing, a souligné que « grâce aux projets d’une Ceinture et une Route, la Chine aura l’occasion de partager son expérience de développement avec d’autres pays, et aussi trouver de nouveaux marchés pour sa capacité de production« .

Selon lui, « plusieurs pays en Europe centrale et orientale sont désireux de développer des liens avec la Chine pour attirer davantage d’investissements chinois, et les visites d’Etat du Président Xi dans plusieurs pays de la CEE en mars et juin dernier ont apporté des résultats concrets« .

Cette initiative est une priorité pour le président chinois, qui y voit l’occasion de promouvoir la coordination politique, la connectivité des infrastructures, la liberté des échanges, l’intégration financière et la confiance mutuelle parmi les peuples. Pour ce dernier, les domaines prioritaires incluent la construction d’une plate-forme pour promouvoir la coopération, ainsi qu’une Route de la soie verte, saine, intelligente et pacifique.