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Environnement,TERRE

Pékin ferme ses usines pour réduire la pollution

Conscient de l’impact écologique de son développement, Pékin a décidé de fermer plusieurs milliers d’usines, situées dans les sites les plus vétustes du pays. L’objectif est de « verdir » son image avant la conférence préparatoire au sommet de Cancun sur le climat, en automne. En 2006, le gouvernement s’était engagé à augmenter l’efficacité de son industrie en réduisant la consommation d’énergie par unité du PIB, de 20 % en cinq ans par rapport à 2005. En mai, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, avait d’ailleurs promis d’agir cet été avec « une main de fer » pour atteindre ce chiffre.

Plus de 2.000 usines fermées

chine-pollution-usine-fumeeLe Ministère de l’Industrie et des Technologies de l’Information a publié le 8 août une liste de 2.087 aciéries, cimenteries et autres usines grandes consommatrices d’électricité, qui devront être fermées au plus tard le 30 septembre.

Pour commencer, les autorités ont  coupé l’électricité dans certains sites de production dans la province d’Anhui, qui une zone ou il y a la plus forte concentration d’usines d’acier et de cimentiers, selon UbiFrance et les Missions économiques.

La compagnie Mercedes y est également présente, pour l’assemblage d’autobus de luxe. Toutefois, le constructeur chinois d’automobile, Chery, qui est l’une des plus importantes industrie de l’Anhui, y produit près de 400.000 véhicules, par an.

Selon un communiqué diffusé par le ministère, les usines présentes sur la liste se verront interdites de prêts bancaires, de crédits à l’export et de licence, et l’électricité sera coupée si besoin, a précisé le ministère. Ces mesures sont destinées à éviter tout problème avec les gouvernements locaux, qui sont réticents à fermer des usines très bénéfiques à leur croissance et à leur économie.

Cette mesure a été précédé par la fermeture, il y a quelques semaines, de plusieurs usines. Jin Yupei a expliqué au quotidien Ouest-France qu’il « était ouvrier depuis trente ans à l’usine de ciment de Yanshan, située près de Pékin et mise hors service en 2008, juste avant les Jeux olympiques. Depuis, il perçoit une indemnité de 800 yuans (91 €) ».

Le chômage va augmenter avec ces fermetures, bien qu’il soit encore difficile d’évaluer la situation. L’industrie chinoise consomme 75 % de la consommation totale d’électricité du pays. Face à une « croissance encore trop dépendante de l’industrie lourde. L’économie doit se tertiariser. Une nécessité tant économique qu’écologique », a expliqué Ma Jun, directeur de l’Institut des affaires publiques et environnementales.

Pour ce dernier, « cette mesure n’est pas surprenante. La Chine prend conscience du coût économique, social et environnemental de sa croissance effrénée ».

Pékin déterminée sur le court terme 

Les fermetures d’usines sont « un geste pour montrer que le pays fait tout son possible pour atteindre ses objectifs », a expliqué à l’AFP Andy Xie, un économiste indépendant basé à Shanghai.  Mais également pour « verdir » son image, après les engagements prit avant le sommet de Copenhague. Pékin avait promit de réduire de 45% son intensité carbone, c’est à dire ses émissions de CO2 par unité de PIB d’ici 2020.

Pour atteindre cet objectif, le gouvernement va consacrer 738 milliards de dollars (plus de 642 milliards d’euros) d’ici la fin de la décennie pour produire 15% de son électricité, par des énergies renouvelables, principalement hydraulique et éolienne. Dès 2009, la Chine avait réduit son intensité énergétique de 14%. Mais durant le premier semestre de cette année, elle est repartie à la hausse de 0,09%. Cependant, cette hausse est la première augmentation depuis 2006.

En octobre, Pékin doit accueillir une conférence sur le climat avant le sommet de Cancun (Mexique) à la fin de l’année, destiné à trouver un accord remplaçant le protocole de Kyoto, qui expire en 2012. Raison pour la quelle, si la Chine s’éloigne de son objectif de réduction pour 2010, « sa crédibilité par rapport à ses engagements sur le changement climatique va être sérieusement entamée au niveau international », a estimé Damien Ma, d’Eurasia Group, un cabinet de consultants basé à New York, à l’AFP.

Gage de sa fermeté, le gouvernement a averti les cadres locaux qu’ils verraient leurs promotions suspendues s’ils n’atteignaient pas leurs objectifs en matière de réduction d’émissions, a indiqué Damien Ma. En effet, après la fermeture de certaines usines, d’autres rouvraient sur le même site des mois plus tard.

Pour Yang Ailun, une responsable de Greenpeace Chine, « ces usines doivent fermer mais il serait plus judicieux pour le gouvernement de prendre des mesures de long terme en agissant sur les prix (de l’énergie) ».

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