Les autorités ont fait état ce 20 janvier d’une troisième personne morte d’un mystérieux virus apparu en décembre 2019, alors que l’épidémie s’est propagée vers le nord et le sud du pays.

Selon les autorités, l’épidémie était jusqu’ici confinée à Wuhan, dans le centre du pays, une ville de quelque 11 millions d’habitants où le virus, de la même famille que le SRAS, a fait son apparition le mois dernier.

Mais les responsables sanitaires ont signalé de nouveaux cas dans d’autres villes du pays, dont deux à Pékin, au nord, et un autre à Shenzhen, dans l’extrême sud du pays, face à Hong Kong. Plus de 200 personnes ont à présent été contaminées dans tout le pays.

Les scientifiques ont trouvé le point commun à ces nouveaux cas : toutes les personnes contaminées s’étaient rendues à Wuhan ces dernières semaines. Les patients hospitalisés à Beijing sont dans un état stable et sont traités pour une pneumonie, indiquent les autorités sanitaires locales.

Le virus suscite des inquiétudes croissantes après le décès d’une troisième personne depuis le début de l’épidémie et une augmentation du nombre de nouveaux cas à Wuhan, passant de près de 140 à désormais 198.

Malgré tout, les autorités sanitaires de Wuhan restent rassurantes. Selon elles, le risque d’une transmission du virus entre humains est jugé « faible », même s’il n’est « pas exclu ».

Le foyer de l’épidémie semble être un marché de Wuhan spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons, où plusieurs patients contaminés travaillaient. Le marché a depuis été fermé et des opérations de décontamination ont eu lieu.

L’épidémie intervient à l’approche des fêtes du Nouvel An, la période la plus chargée de l’année dans les transports. En effet, des centaines de millions de personnes voyagent en bus, train et avion pour rendre visite à leur famille.

Un bon moyen de propagation de l’épidémie. Mais malgré les risques de propagation, les déplacements ne sont pas restreints pour le moment.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l’homme, comme un rhume, mais aussi d’autres plus graves comme le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère).

Hautement contagieux, ce virus avait tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong entre 2002 et 2003. Les symptômes du Sras ressemblent à ceux d’une pneumonie, avec une fièvre élevée et divers problèmes respiratoires.

Lors de la pandémie, l’Organisation mondiale de la santé avait critiqué les autorités chinoises pour avoir tardé à donner l’alerte et tenté de dissimuler l’ampleur de la maladie.

L’inquiétude est désormais perceptible à l’étranger. Depuis le 17 janvier, les Etats-Unis filtrent les vols en provenance de Wuhan à l’aéroport de San Francisco et à l’aéroport JFK de New York, ainsi qu’à celui de Los Angeles, où sont assurées de nombreuses correspondances.

La Thaïlande, où deux cas ont été recensés, a aussi renforcé les contrôles dans ses aéroports. Les autorités de Hong Kong ont renforcé leurs mesures de contrôle aux frontières du territoire autonome, notamment avec des détecteurs de température corporelle.

A Londres, des scientifiques d’un centre de recherches de l’Imperial College ont mis en doute les chiffres officiels, estimant que le nombre de contaminations dépassait probablement le millier au 12 janvier.

Pour parvenir à cette conclusion, ils se sont fondés sur le nombre de cas détectés jusqu’à présent hors de Chine (deux en Thaïlande et un au Japon) pour en déduire le nombre des personnes vraisemblablement infectées à Wuhan, sur la base des données des vols internationaux au départ de l’aéroport de Wuhan.