Le président Xi Jinping est arrivé ce jeudi 6 avril en Floride pour un premier tête-à-tête avec son homologue américain Donald Trump, dont les échanges se concentreront autour de la « menace » nord-coréenne.

Accueillit à Mar-a-Lago, dans un cadre informel et détendu, le programme de cette rencontre n’a pas été communiqué en totalité, mais il apparait évident que les débats seront tendus entre les deux premières puissances économiques mondiales.

Donald Trump est connu pour avoir un positionnement diplomatique flou vis-à-vis de la Chine, cet échange sera l’occasion pour lui de fournir une première indication de l’orientation qu’il entend donner à la relation sino-américaine.

Susan Thornton, une responsable pour l’Asie au département d’Etat américain, a assuré que les deux pays vont poursuivre leur « tradition » diplomatique en maintenant des « engagements forts« , mais les sujets de tension devraient prendre le dessus.

Particulièrement, le dossier de la Corée du Nord, qui a de nouveau défié Washington et la communauté internationale ce mardi 4 avril en tirant son cinquième missile de l’année en mer du Japon.

Avant de recevoir Xi Jinping, Donald Trump a assuré au Premier ministre japonais Sinzo Abe, lors d’un entretien téléphonique, que les Etats-Unis allaient « continuer de renforcer » leurs capacité militaire « face à la menace sérieuse que la Corée du Nord continue de poser« .

Il avait également indiqué au quotidien britannique Financial Times : « Si la Chine ne règle pas la Corée du Nord, nous le ferons« , ajoutant que « la Chine décidera de nous aider ou pas avec la Corée du Nord (…) S’ils ne le font pas, ce ne sera bon pour personne« .

Mais, « Trump bluffe » a estimé Wu Xinbo, directeur du American Research Centre de Fudan University, assurant que « les États-Unis n’ont ni la capacité ni la volonté de résoudre seuls le problème nord-coréen« .

D’autant que Pyongyang développe des missiles balistiques intercontinentaux susceptibles de porter le feu nucléaire jusque sur le territoire continental des Etats-Unis. Mais, Beijing ne tient pas à rompre son alliance avec Pyongyang, craignant un rapprochement nord sud qui accentuerait la présence américaine dans la région et pourrait menacer ses ambitions régionalistes.

Washington a réaffirmé auprès des autorités japonaises que « toutes les options » sont sur la table pour régler cette question. « C’est un problème qui est devenu très urgent. C’est une menace urgente et mondiale. Donc, bien sûr, c’est une question dont nous allons discuter« , a assuré Susan Thornton, chargée de l’Asie au département d’Etat, présente aujourd’hui à Mar-a-Lago.

« Je pense que nous allons chercher l’aide de la Chine pour accroître la pression » sur la Corée du Nord, a-t-elle insisté, admettant cependant que l’issue des discussions était incertaine.

D’autant plus que le comportement de Kim jong-un « est un cauchemar pour la Chine autant que pour les États-Unis et leurs alliés » a souligné Jonathan Pollack, de la Brookings Institution, à l’AFP. Les américains comptent sur « la frustration croissante » de Xi Jinping vis-à-vis de Pyongyang, estimant que les deux hommes « ont une occasion sans précédent de réaliser une véritable percée dans cette crise purulente qui menace de plus en plus les intérêts vitaux des deux pays ».