L’activité de l’industrie manufacturière de la Chine a connu une légère reprise en septembre 2022, après deux mois à la baisse, selon des données officielles publiées ce 30 septembre.

Cependant, les restrictions sanitaires continuent de peser sur la demande. L’indice des directeurs d’achat (PMI), indicateur-clé de l’activité manufacturière d’un pays, a atteint 50,1 points, contre 49,4 en août, repassant sur la barre des 50 points (valeur séparant la croissance de la contraction), selon les données du Bureau national des statistiques.

Les confinements à répétition dans de nombreuses villes chinoises ont plombé la confiance des consommateurs et des entrepreneurs, même si la fin de la canicule, qui avait obligé à rationner l’électricité dans des usines, a apporté un certain soulagement.

« L’ensemble des politiques pour stabiliser l’économie continuant à produire des effets et l’impact des températures élevées s’atténuant, le secteur manufacturier s’est quelque peu redressé, faisant repasser le PMI dans le vert », a souligné Zhao Qinghe, principal statisticien du Bureau d’Etat des statistiques.

Les données officielles montrent que l’indice PMI non manufacturier de la Chine a reculé à 50,6 points contre 52,6 un mois plus tôt. Selon Zhao Qinghe, la politique zéro-Covid a entraîné « des contractions assez fortes » dans des secteurs comme le commerce, l’aviation, le logement et la restauration.

De son côté, le sondage indépendant de Caixin, plus centré sur les entreprises plus modestes et tournées vers l’exportation, montre aussi une activité manufacturière en recul, à 48,1 points contre 49,5 en août.

Cependant, les autorités ne semblent pas être prêtes à assouplir ces mesures. Ils ont d’ailleurs appelé la population à ne pas voyager dans le pays la semaine prochaine, qui marque les vacances autour de la fête nationale. Alors qu’il s’agit généralement d’une période de forte consommation.

Les dirigeants chinois avaient initialement fixé un objectif de croissance du PIB pour 2022 d’environ 5,5%, mais avec une croissance de seulement 0,4% au deuxième trimestre, les analystes ont estimé qu’il est peu probable que cet objectif soit atteint.

« Les enquêtes suggèrent que l’économie chinoise a continué à perdre de son élan en septembre, le ralentissement mondial pesant sur les exportations et les perturbations dues au virus portant un nouveau coup à l’activité des services », a estimé Zichun Huang, expert à Capital Economics auprès de l’agence de presse, Reuters.

« La faible demande continue de freiner l’économie », renchérit Judy Shi, analyste de la banque Nomura, et les activités non-manufacturières pourraient « encore ralentir » en octobre si les habitants sont incités à ne pas se déplacer dans le pays.