La colère gronde à Beijing et dans le nord du pays touché par d’épais smog depuis la fin de l’année. Pour faire face à cette situation, les autorités annoncent une série de mesure, difficile à faire appliquée dans la capitale.

70% des chinois sont malheureux

Près de 70% des chinois sont malheureux à cause de la pollution de l’air, qui impacte négativement leur vie. En effet, entre les problèmes pulmonaires, la visibilité réduit, l’odeur dérangeante, la fatigue chronique et les masques qu’ils portent chaque jour, le smog commence sérieusement à peser sur le morale des personnes.

D’après un sondage mené par le Journal de la Jeunesse de Chine,  71% des sondés portent un masque durant les journées de plein smog, tandis que plus de 50% choisissaient de rester chez eux.

Même dans leurs maisons, ces derniers doivent prendre des mesures de prévention. 40% des sondés ont déclaré avoir des purificateurs d’air à la maison, et près de 40% envisagent d’en acheter un.

Colère et lassitude montent  

En janvier, face à la pollution constante de l’air, le Centre d’Information Internet de Chine (CIIC) analysait que « les ciels voilés et les ‘disparitions de bâtiments’ étaient autrefois l’objet de plaisanteries, d’illustrations narquoises, et de sarcasmes ».

Très populaire sur le net, les gens s’adonnaient avec beaucoup d’ironie à la situation, or désormais « ce sentiment a changé de façon sensible » depuis la dizaine de jour passé sous un smog entre décembre 2016 et janvier 2017.

Colère, incompréhension, irritation, peur et des « torrents de plaintes des citadins mécontents » reçu par les autorités compétentes. En effet, la lassitude gagne du terrain, à tel point que certains envisagent de vivre ailleurs.

Wang Dinging, professeur de l’Université de Beijing, a souligné sur le site du quotidien Caixin que « la population pourrait commencer par déménager vers des villes plus petites. Mais si l’environnement continue de se détériorer, les groupes à moyens et à hauts revenus pourraient chercher à émigrer à l’étranger ».

En effet, beaucoup de parents craignent pour leur santé et celle de leur enfant, d’autres ont peur de passer leur vie à survivre dans un air quotidiennement pollué. Face à la montée de la colère, le maire de Beijing, Cai Qi, a annoncé un nouveau plan de lutte contre la pollution.

Des mesures peu ou pas respectées

Il est prévu la diminution de l’utilisation du charbon par les particuliers ; l’élimination des chaudières au charbon qui ne produisent pas plus de 10 tonnes de vapeur par heure : et la mise en place d’une « unité verte », qui devra inspectée les rues de la capitale.

Lors du smog, près de 500 entreprises et 10 000 véhicules, censés être à l’arrêt pour cause d’alerte rouge, ont été pris en train de fonctionner et circuler. Malgré les mesures de bonne volonté des autorités municipales et nationales, les entraves aux règles sont courantes et ralentissent les effets voulus sur le climat.

Raison pour laquelle, cette « unité verte » va traquer les pollueurs pour empêcher, entre autres, les barbecues en plein air ou les incinérations de déchets, de bois ou d’autres matériaux organiques. Il est aussi prévu la fermeture de la dernière centrale électrique au charbon active dans la capitale et celle de 500 usines jugées obsolètes et polluantes, ainsi que l’interdiction d’accès à Pékin de 300 000 véhicules à partir de février.

A cela s’ajoute l’intention du vice-ministre de la protection de l’environnement, Zhao Yingmin de « promouvra la modernisation des structures industrielle et énergétique dans la région Beijing-Tianjin-Hebei et ses alentours, qui représentent environ 50% de la consommation de charbon et de la capacité de production sidérurgique de la Chine« .

Le pays a pour objectif de réduire avant la fin 2017, 10% de ses émissions atmosphériques par rapport au niveau de 2012 dans les grandes villes.