Samedi 3 décembre, la situation était quasiment sous contrôle. Le ministres chinois des affaires étrangères avait minimisé l’incident, Donald Trump avait tenté de tout mettre sur le dos de la présidence taïwanaise, dont les représentants ont assuré que c’était délibéré et convenu. Et la Maison Blanche a voulu montrer patte blanche, en assurant le principe d’« une seule Chine ».

Pas de quoi s’alarmer. Cependant, ce dimanche 4 décembre, des proches du président élu Donald Trump ont tenté de rassurer la Chine après l’appel qu’il a eu un entretien téléphonique avec la dirigeante de Taïwan, Tsai Ing-wen.

En effet, le ministre chinois Wang Yi avait évoqué « une petite astuce » de la part de Taïwan pour ne pas adhérer au Consensus de 1992 et au principe d’une seule Chine. Mais désormais Beijing change de ton, à tel point que certains experts estiment que le coup de fil passé par la présidente Tsai Ing-wen et le fait que le président élu l’ai accepté, pourrait rompre les relations diplomatiques, établies depuis  1979.

« Cette conversation téléphonique n’était rien de plus qu’une conversation de courtoisie pour féliciter le président élu », a justifié le futur vice-président Mike Pence. Ce dernier a assuré que « ce n’était rien de plus que de prendre le téléphone pour répondre à un appel fait par courtoisie, un appel de félicitations, par le dirigeant démocratiquement élu de Taïwan », a-t-il déclaré sur la chaîne ABC.

Mais, le Bureau des affaires de Taïwan du Conseil des Affaires d’Etat de Chine continentale a réitéré « sa position contre l’indépendance de Taïwan après que le président élu américain Donald Trump a parlé vendredi au téléphone avec la dirigeante de Taiwan, Tsai Ing-wen« , ont noté les médias chinois.

An Fengshan, porte-parole du bureau, a indiqué que « l’adhérence de la partie continentale au principe d’une seule Chine et sa position contre l’indépendance de Taiwan restaient inébranlables« . « Nous sommes déterminés, confiants et capables de contenir l’indépendance de Taiwan sous n’importe quelle forme et de faire avancer le processus de réunification nationale« , a indiqué ce dernier.

Ce durcissement découle du refus de Tsai Ing-wen d’adhérer au principe d’une seule Chine et au Consensus de 1992, et aux récentes déclarations d’un porte-parole du gouvernement, Ma Xiaoguang. Ce dernier a annoncé le 30 novembre que « certains militants pro-indépendance promeuvent la dé-sinisation à Taiwan au nom du ‘développement interne’, ce qui ne provoquera rien d’autre que l’opposition ferme des citoyens entre les deux rives du détroit de Taïwan ». 

« Les forces indépendantistes de Taiwan ont contaminé les sphères politique, économique et culturelle par la dé-sinisation dans une tentative de sortir Taiwan de la Chine », a indiqué ce dernier. Raison pour laquelle, Beijing a tenu à rappeler à l’ordre le prochain président américain de la nécessité de respecter ce principe.

De son côté, Mike Pence a insisté et tenté de minimiser la portée de cette conversation téléphonique : « ils nous ont contacté comme d’autres responsables dans le monde l’ont fait et il (Donald Trump, ndlr) a pris le téléphone, accepté ses félicitations et meilleurs vœux et voilà de quoi il en retourne ».

Mais une fois élu, le 20 janvier, Donald Trump devra exposer sa position et ses intentions concernant la Chine et Taïwan. Pour sa part, la Maison Blanche avait souligné que Washington soutient toujours la politique d’une seule Chine.

D’autant que Beijing a déposé des représentations solennelles auprès des Etats-Unis, dans lequel il est précisé que « le principe d’une seule Chine est la base politique des relations sino-américaines ».

« Nous exhortons les parties américaines concernées à respecter l’engagement sur la politique d’une seule Chine, ainsi que les trois communiqués conjoints sino-américains, et à traiter de manière attentive et appropriée les questions liées à Taiwan, afin d’éviter toute perturbation inutile à l’encontre de la perspective globale des relations sino-américaines », a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang.