«Taiwan travaille activement à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050», a assuré le 22 avril la dirigeante de la République de Chine, Tsai Ing-wen.

Tsai Ing wen, dirigeante de la République de Chine

A l’instar de la communauté internationale, Taiwan souhaite atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, a souligné Tsai Ing-wen, lors d’un forum sur l’innovation organisé à Taipei par le Centre américain pour l’innovation à l’occasion du Jour de la Terre.

«L’Union européenne a montré la voie en actant cette ambition dès la fin 2019, alors qu’en Asie-Pacifique, le Japon, la Corée et la Chine ont chacun ciblé l’an dernier des dates pour parvenir à ce résultat. Les Etats-Unis viennent de faire de même à l’occasion du sommet sur le climat convoqué par le président Joe Biden», a indiqué cette dernière.

A ce jour, a résumé Tsai Ing-wen, plus de 120 pays ont annoncé des plans pour réduire à zéro leurs émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici 2050. Sous la direction du Yuan exécutif, a-t-elle ajouté, Taiwan a commencé à évaluer et à dresser une feuille de route vers cet objectif.

La dirigeante a rappelé avoir lancé au cours de son premier mandat l’initiative « 5+2 » de promotion de secteurs industriels innovants, dont les énergies vertes et l’économie circulaire.

De plus des réformes du secteur énergétique ont été lancées. De fait, Taiwan doit aussi adopter des stratégies pour réduire ses émissions dans le secteur manufacturier, ainsi que dans ceux des transports, des constructions résidentielles et de l’agriculture, a-t-elle précisé.

«Cela représente un défi mais offrira aussi de nouvelles opportunités aux entreprises taïwanaises, leur permettant de renforcer leur compétitivité au sein des chaînes globales d’approvisionnement», a-t-elle estimé.

Taiwan a subit une forte sécheresse en mars 2021, signe de l’impact des changements climatiques sur les économies mondiales.

Taïwan est un des endroits les plus humides au monde, avec une moyenne de 2.600 millimètres de précipitations par an. L’île fait face à la saison des pluies à des typhons qui contribuent à remplir les réservoirs. Or pour la première fois en 56 ans, aucun typhon n’a frappé Taïwan en 2020.

Cette sécheresse a mit à mal les industriels qui approvisionnent le monde entier en puces électroniques, au point de provoquer une pénurie. Ces matériels, présents dans les automobiles, les téléphones, les ordinateurs demandent d’énorme quantité d’eau, or la sécheresse a bloqué la chaîne d’approvisionnement.

Les précipitations ont chuté de 20 à 60% selon les endroits, en raison de l’absence de typhon en 2020. Depuis une dizaine d’années, Taiwan  connaît une baisse significative de ces phénomènes météorologiques en raison du changement climatique.

Cette situation est telle que le gouvernement a été contraint d’imposer une réduction de la consommation d’eau aux populations, aux agriculteurs mais aussi aux industriels. Le plus grand fabricant de puces électroniques au monde, Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) a été obligé de réduire d’environ 10% sa consommation d’eau.

Alors que la fabrication de puces par TSMC nécessite 156 000 tonnes d’eau par jour, environ 50 piscines olympiques, selon les données de 2019. 60% des puces mondiales sont fabriquées par TSMC.