«Les tentatives de rechercher « l’indépendance de Taïwan » en faisant la promotion des questions liées à Taiwan à l’Assemblée mondiale de la santé (AMS) ne réussiront jamais», a déclaré Ma Xiaoguang, porte-parole du Bureau des affaires de Taiwan du Conseil des Affaires d’Etat.

Ma Xiaoguang, porte-parole du Bureau des affaires de Taiwan du Conseil des Affaires d’Etat

Ce dernier a fait ces remarques, en réponse aux informations dans les médias taïwanais selon lesquelles l’Union européenne soutient la participation de Taïwan à l’AMS en mai 2021. Ma Xiaoguang a souligné que «Taiwan fait partie de la Chine», ajoutant que «sa participation aux activités de toute organisation internationale, dont l’Organisation mondiale de la santé, doit être traitée conformément au principe d’une seule Chine».

Or après la pandémie, Taïwan et l’Union européenne (UE) devraient renforcer leur partenariat en matière sanitaire et médicale, a estimé le vice-président de la République, Lai Ching-te, qui participait à un forum sur la santé organisé à Taipei par la Chambre de commerce européenne à Taiwan (ECCT).

«Alors qu’ils cherchent à soutenir l’activité économique et à rouvrir progressivement les frontières, Taiwan les Etats membres de l’UE devraient saisir l’occasion qui s’offre à eux d’approfondir leurs partenariats et de créer de nouvelles opportunités commerciales», a insisté le vice-président taiwanais.

«Les principaux domaines de coopération portent sur la réorganisation des chaînes d’approvisionnement et la production de vaccins», a indiqué ce dernier lors de ce forum organisé par l’ECCT.

Des soutiens de toute part

De son côté, l’Alliance interparlementaire sur la Chine (AIC) a appelé à soutenir la participation de Taïwan à l’Assemblée mondiale de la Santé (AMS). Plusieurs députés, représentant des pays européens, américains, ou encore l’Australie ont plaidé en faveur de Taïwan.

En France, une proposition de résolution du Sénat, transpartisane, va être débattue le 6 mai, afin d’associer Taïwan aux travaux de plusieurs organisations internationales. L’initiative intervient dans un contexte tendu entre l’ambassade de Chine en France et une délégation de sénateurs.

«Nous souhaitons que Taïwan soit, non pas reconnu comme un Etat, mais qu’au moins cette entité politique soit protégée et qu’elle ait accès aux instances internationales, là où c’est réalisable et utile à la communauté internationale dans son ensemble», a expliqué Alain Richard, sénateur LREM, président du groupe d’amitié France-Taïwan au Sénat.

La participation de Taïwan, sujet récurrent

Tsai Ing wen, dirigeante de la République de Chine

Lors de la session annuelle de l’Organisation mondiale de la Santé, les pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont décidé, le 18 mai, de reporter les débats sur la participation de l’île de Taïwan comme observateur, lors du premier jour de la session annuelle de l’assemblée de l’agence onusienne.

Les pays ont accepté de débattre de la question taïwanaise lors de la reprise des débats, mais l’OMS a souhaité poursuivre les débats plus tard dans l’année. Aucun pays ne s’est opposé à cette proposition.

Peu après, Washington a « condamné » cette décision dans un communiqué. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dénoncé « l’absence d’indépendance » du directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, accusé d’avoir « choisi de ne pas inviter Taïwan sous la pression de la République populaire de Chine ».

Selon Washington, la décision d’« exclure » l’île portait « encore davantage atteinte à la crédibilité » de l’AMS. L’OMS est accusée par les États-Unis d’avoir négligé une alerte précoce venue de Taïwan sur la gravité du coronavirus apparu fin décembre en Chine – ce que dément l’agence onusienne.

Les États-Unis, soutenus par certains alliés, avaient alors appelé l’OMS à « inviter Taïwan » à l’AMS, malgré l’opposition de la Chine.

Si Taïwan est finalement invitée, ce serait un retour de l’île dans l’instance internationale, car après avoir bénéficié d’un statut d’observateur, Taïwan a été exclue de l’OMS en 2016, année de l’entrée en fonction de Tsai Ing-wen. Cette dernière refuse de reconnaître le principe d’une seule Chine, qui régit les relations entre la Chine et Taiwan.