Le géant chinois des télécommunications Huawei est « sous une pression intense » de la part des Etats-Unis, et notamment de certains pays européens, décidés à suivre les directives américaines contre les sociétés chinoises.

Huawei a annoncé un fort ralentissement de son chiffre d’affaires entre janvier et septembre 2020, en raison des sanctions américaines, et assuré qu’il se battrait « pour sa survie ».

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Huawei est considéré comme le leader mondial de la 5G, une nouvelle norme de technologies mobiles amenées à révolutionner l’internet et dont le déploiement doit s’accélérer.

Huawei est dans le collimateur de l’administration Trump, qui le soupçonne d’espionnage au profit de la Chine. Le passé militaire du fondateur de Huawei, Ren Zhengfei, ainsi que son appartenance au Parti communiste chinois, ont alimenté les accusations de Donald Tfump.

Washington multiplie depuis l’an dernier les pressions sur ses alliés occidentaux pour qu’ils bannissent les équipements 5G de Huawei, sous prétexte de cybersécurité. Dans ce contexte, Huawei a fait état d’un chiffre d’affaires en hausse de 9,9% sur un an au cours des trois premiers trimestres, à 671,3 milliards de yuans (85,1 milliards d’euros).

Ce résultat est très inférieur à celui de 2019 sur cette même période, atteignant 24,4%. Le montant du bénéfice n’a pas été précisé, mais il serait en hausse de 8%. Il s’agit également d’un recul par rapport à la même période en 2019 (8,7%). Huawei, qui n’est pas coté en Bourse, n’a fourni aucun chiffre de ventes.

« La chaîne d’approvisionnement mondiale de Huawei a été mise sous une pression intense. Sa production et ses activités ont connu des difficultés croissantes », a indiqué Huawei, dont le siège est Shenzhen (sud de la Chine).
Huawei fait face à des mesures de restrictions et d’interdiction successives. Récemment, Huawei a été exclu du futur réseau 5G de la Suède, après une décision similaire au Royaume-Uni en juillet.

Cette situation risque de faire « perdre une partie de l’avantage » dont jouit Huawei dans le domaine des réseaux, a indiqué à l’Agence France Presse l’analyste Philip Marshall, du cabinet Tolaga Research, spécialisé dans les technologies de l’information.

Huawei restera néanmoins un acteur de poids au niveau mondial en raison du nombre important de brevets qu’il détient dans la 5G, a estimé Philip Marshall. Huawei est placé sur une liste noire américaine pour l’empêcher d’acquérir des technologies « made in USA » indispensables à ses téléphones.

Depuis septembre, Huawei ne peut plus équiper ses téléphones haut de gamme en nouvelles puces Kirin. Le groupe chinois n’a pas les capacités de fabriquer ces puces en interne.

La pression américaine est considérée « injuste » pour Richard Yu, l’un des responsables de Huawei. « Huawei est actuellement dans une période très difficile », a-t-il déclaré lors du lancement en ligne du dernier smartphone de la marque.

Huawei doit accélérer le développement de ses propres technologies. Dans un communiqué, Huawei assure qu’il fera de « son mieux pour trouver des solutions, pour survivre et aller de l’avant ».

Huawei a annoncé le mois dernier que son système d’exploitation maison HarmonyOS serait disponible sur ses smartphones dès 2019, à défaut de pouvoir utiliser Android, l’ultra dominant système américain.

Mais ce handicap risque de peser sur sa compétitivité sur le marché des smartphones, a souligné l’analyste Marc Einstein, du cabinet ITR Corporation basé à Tokyo. « Huawei ne va nulle part », assure-t-il.

Au second trimestre, Huawei est parvenu à détrôner le sud-coréen Samsung pour devenir le premier vendeur mondial de smartphones, selon le bureau d’études Canalys. Le géant Huawei occupait une position inégalée en Chine avec 72% de part de marché.