TikTok veut placer son dossier sur le terrain des libertés et du respect de la constitution américaine, après une audience devant un tribunal, alors que l’application est toujours menacée d’interdiction par le président des Etats-Unis.

L’application, filiale de l’entreprise chinoise ByteDance, TikTok a demandé à un juge américain de suspendre le décret de l’administration Trump qui prévoit d’interdire son téléchargement aux Etats-Unis à partir du 27 septembre.

Une audience se tenait le 24 septembre devant un tribunal fédéral de Washington. A cette occasion TikTok a déposé une motion auprès de cette cour, affirmant qu’une telle interdiction ne serait pas conforme à la Constitution des Etats-Unis.

TikTok met aussi en avant l’importance de la plateforme dans les débats démocratiques à l’approche des élections américaines du 3 novembre. « Le mélange de divertissement léger et d’humour qu’offre l’appli a permis la croissance initiale de TikTok. Mais aujourd’hui, TikTok est devenu un forum pour toute les expressions politiques », ont indiqué les avocats de TikTok dans la plainte.

« Beaucoup de créateurs de contenus utilisent notre appli pour exprimer leur solidarité avec des mouvements sociaux, faire valoir leurs préférences politiques ou soutenir des candidats (…) avec des audiences de millions de personnes » assurent ces derniers.

Tiktok, ainsi que certains créateurs, utilisateurs et experts, estiment que Donald Trump s’attaque à l’application, parce qu’elle est fréquentée en majorité par des jeunes. De plus, la plateforme de vidéo courte a facilité des actions politiques spontanées contre le président américain, notamment lors d’un récent meeting politique majeur.

Donald Trump cherche depuis des années à mieux contrôler les réseaux sociaux, qu’il accuse de censure contre son camp politique, avec une ardeur renouvelée ces derniers mois. Une volonté qu’il dénonce lorsqu’il s’agit de la politique chinoise.

Le département américain du Commerce a annoncé le 19 septembre qu’il reportait au moins jusqu’au 27 septembre (au lieu du 20 septembre) l’interdiction de télécharger TikTok aux Etats-Unis la populaire application.

Une interdiction complète des activités de TikTok sur le sol américain pourrait entrer en vigueur à partir du 12 novembre, si la justice n’intervient pas. Pour éviter cette interdiction, Donald Trump a exigé que TikTok fasse passer ses activités aux Etats-Unis sous contrôle américain.

« Si les interdictions ne sont pas suspendues, les dommages causés aux plaignants seront irréparables », a écrit les avocats de TikTok dans le document judiciaire. L’application conteste en outre l’idée que la mesure de l’administration Trump soit fondée sur des craintes pour la sécurité nationale des Etats-Unis.

Donald Trump a accusé à plusieurs reprises TikTok d’espionnage au profit de la Chine, en collectant les données de ses utilisateurs, ce dont se défend le réseau social.

« Comme l’ont prouvé des déclarations peu claires et contradictoires du président et d’autres responsables ces derniers mois, les interdictions n’étaient pas motivées par une vraie inquiétude sur la sécurité nationale, mais plutôt par des considérations politiques liées aux élections générales à venir », a assuré TikTok.

La plateforme avait déjà engagé une procédure judiciaire fin août en Californie pour contester le décret d’interdiction.

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En parallèle ByteDance, maison-mère de Tiktok, a indiqué avoir effectué auprès du ministère chinois du Commerce une « demande d’autorisation » d’exportation de technologie. Dans son communiqué, ByteDance ne précise pas si cette demande est liée à TikTok ou à une éventuelle vente.

Cette initiative pourrait concerner l’algorithme utilisé par l’application de vidéos. Cet élément constitue la véritable valeur de la plateforme TikTok, car il est utilisé pour déterminer le contenu avec lequel un utilisateur est le plus susceptible de s’engager.

Mais la Chine refuse que cet algorithme ne tombe dans les mains américaines. Le 28 août, le ministère chinois du Commerce a ainsi inclus les algorithmes dans la liste des technologies d’intelligence artificielle ne pouvant en théorie être exportées.