Entre 1843 et 1844, La Réunion connaît une arrivée massive d’engagés chinois, venant principalement des provinces du Fujian et du Guangdong (Canton). Ces derniers viennent travailler aux côtés des milliers d’engagés indiens déjà très présents, en cette période coloniale. 162 ans plus tard, la communauté chinoise est devenue l’une des communautés les plus importantes de l’île. En 2006, La Réunion comptait plus de 30.000 français d’origine chinoise.

Des engagés, dans un premier temps

Le Xinjiang à La Réunion
Villa du Département aux couleurs de la Chine

Les premiers chinois arrivent au moment où l’industrie sucrière est à son apogée, dans les Mascareignes. Venus aider les planteurs, et combler le manque de main d’œuvre dans le secteur des travaux publics, ils posséderont un statut particulier, leur permettant de faire des allers/retours entre l’île et le continent chinois. Cependant, en 1862, leur statut change pour prendre le nom de « passager libre d’engagement ».

En 1848, sur les 728 chinois présents dans l’île, seuls 415 restent. En restant à La Réunion, les chinois évitent de subir le Traité de Pékin, mettant fin à la seconde guerre de l’opium en 1860. Mais obligeant la Chine à céder une partie de son territoire aux français, anglais, russes et américains. Les nouvelles lois dictées par les Occidentaux poussent des milliers de chinois à fuir leur pays, pour se rendre vers ses voisins les plus proches: Asie, Afrique et Océan Indien.

Travailleurs, les chinois sont biens vus par les colons, qui notent dans les registres de l’administration locale, les prouesses de leurs ouvriers. Il est indiqué dans un rapport datant de 1844, que « les habitants qui emploient des Chinois en sont généralement satisfaits. Cette race d’hommes est appropriée à presque toutes les natures de travaux ».

Le rapporteur ajoute qu’en plus de cette « force physique très suffisante, elle joint une extrême dextérité. Intelligente, façonnée à la civilisation, reconnaissant par une habitude nationale l’utilité du châtiment, aimant l’argent, apte surtout aux besoins factices, elle offre pour le travail des qualités précieuses… ».

Lorsqu’ils sont libérés de leurs engagements, après l’abolition de l’esclavage, les chinois deviennent commerçants, artisans, agriculteurs ou encore domestiques. Ils s’installent définitivement et se mêlent aux autres communautés de l’île, accentuant le métissage de l’île.

Parmi les personnalités réunionnaises d’origine chinoise les plus connues de l’île : l’homme politique UMP, André Thien Ah Koon. Il est connu pour être l’un des représentants de la communauté chinoise réunionnaise. Sa famille, originaire de Canton, est arrivée à La Réunion dans les années 1930.

Concrétiser l’histoire commune

En août 2009, le consul de Chine, Zhang Guobin, en visite à La Réunion, annonce l’ouverture d’un Consulat Général de Chine à Saint Denis (image ci-contre), faisant de cette institution le second consulat d’Outremer français, après Tahiti.

Attendu par plusieurs générations d’immigrants et leurs héritiers, la construction de ce consulat permettra de faciliter les démarches pour se rendre en Chine et pouvoir renouer avec les familles restées là-bas.

Depuis plusieurs décennies, la communauté chinoise attendait un tel édifice à La Réunion. La Fédération des Associations Chinoises (FAC) de La Réunion avait d’ailleurs manifesté son souhait de voir s’accentuer les relations entre la Région Réunion et la Chine.

Le nouveau Consulat Général, qui a ouvert ses portes en octobre 2009, va permettre d’accélérer les formalités et obtentions des visas dans les deux sens. Le défi de l’île en 2010 sera d’obtenir le statut de Destination Touristique Autorisée (DTA). En effet, La Réunion ne fait pas partie de l’espace Schengen, ce qui ne favorise pas l’arrivée de chinois à La Réunion.

Le consulat va également permettre d’accentuer les relations sino-réunionnaises, tant sur le plan économique que culturel. D’autant que celles-ci remontent à des décennies, comme l’a indiqué Long Quan, ambassadeur de Chine à Paris, qui a lors de son discours d’inauguration du Consulat, insisté sur la longévité des relations bilatérales.