La Chine et la France célèbrent cette année les 76 années de leur relation diplomatique, mais surtout économique et commercial. 

Une bonne entente

Durant ces décennies, les échanges ont parfois été conflictuels, d’autres fois consensuels. Mais les deux pays ont toujours tenus à conserver une relation cordiale et respectueuse. Ainsi, la Chine considère la France comme une « amie », depuis la reconnaissance de la République Populaire de Chine par le Général de Gaulle, en 1964. De son côté, la France considère Beijing comme un allié crucial, en raison de sa croissance économique et des possibilités qu’offre le marché chinois aux entreprises françaises.

Le 27 janvier 1964, la France est le premier pays européen à reconnaître la République Populaire de Chine, par la voix du Général De Gaulle. Cette déclaration marque le point de départ des relations officielles entre les deux pays.  Depuis, les relations bilatérales se sont accrues, notamment dans le domaine commercial. Le volume des échange est passé de 95,7 millions d’euros par an dans les années 1960, à plus de 87 millions d’euros par jour, en 2008.

Mr Huang Chen, Charles de Gaulle et Maurice Couve de Murville, 6 juin 1964, collection particulière

En 1997, les deux pays diffusent une « déclaration conjointe pour un partenariat global » qui pose les bases de la coopération économique, culturelle et politique entre la France et la Chine. Sept années plus tard, la visite d’état du Président Hu Jintao, à l’occasion du 40ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques, se clôture par la signature d’une nouvelle déclaration conjointe. Celle-ci a pour objectif d’ »approfondir le partenariat stratégique » bilatéral.

La relation Chine-France repose, selon le gouvernement français, « sur la conviction qu’un dialogue confiant avec la Chine est de nature à favoriser l’évolution du pays vers davantage de stabilité, de croissance et de liberté ». Ajoutant que « la Chine pèse désormais sur tous les équilibres mondiaux, qu’ils soient écologiques, économiques ou financiers. Il est donc important pour la France de travailler avec la Chine sur un pied d’égalité et en véritable partenaire ».

La tension montre entre les deux pays

La stratégie française a été mise à mal à de nombreuses reprises au cours des ans. En 1993, la crise franco-chinoise survient après l’annonce des sanctions françaises contre la Chine, suite au mouvement démocratique de Tian An Men en 1989. Par la suite, l’armement de Taïwan par la France pose un réel problème diplomatique. La Chine demande expressément à la France de cesser toute activité avec Taipei, et sanctionne officiellement la France, avec la fermeture du consulat et du poste d’expansion économique de Canton.

Quinze ans plus tard, des manifestations anti-chinoises durant le passage de la flamme olympique à Paris, ont provoqué le mécontentement du peuple chinois et du pouvoir central. Le gouvernement chinois a considéré ces manifestations comme un affront.

D’autant plus que le président Nicolas Sarkozy avait fait attendre la diplomatie chinoise sur sa venue à l’ouverture de la cérémonie des Jeux Olympiques de Beijing, le 08.08.2008. La France est alors boycottée par les chinois, via les enseignes installées en Chine, comme Carrefour. Le gouvernement français tente de rattraper le couac et de faire bonne figure, en communiquant  peu sur la décision tardive de Nicolas Sarkozy d’assister à la cérémonie d’ouverture.

Par la suite, la tension monte un peu plus, lorsque Nicolas Sarkozy décide de rencontrer le chef spirituel tibétain, le Dalaï Lama. La Chine accuse
le dirigeant spirituel tibétain en exil de séparatisme, et voit comme une insulte la rencontre entre le président français et le chef spirituel tibétain. C’est le début d’un refroidissement sévère entre les deux pays. Beijing réduit ses échanges commerciaux avec la France, et revoit la signature des contrats faits en novembre 2008.

Fin des malentendus

Jean Pierre Raffarin, spécialiste de la Chine pour l’UMP, parvient à apaiser les chinois et conduit la France sur la voie de la réconciliation. A l’occasion de réunions organisées par les Nations Unies en septembre 2008, les présidents Hu Jintao et Nicolas Sarkozy se rencontrent, afin d’échanger sur leurs relations bilatérales, l’impact de la crise financière mondiale et le changement climatique.

Quelques mois plus tard, lors du G20 d’avril 2009, le gouvernement français concède dans un communiqué qu’elle interférerait plus dans la politique intérieure du pays, et ne rencontrera plus le Dalai-lama. Depuis, les échanges entre les deux pays ont repris de plus belle. Le 23 décembre 2009,  le premier ministre François Fillon s’est rendu à Beijing pour une « mission de réconciliation » qui s’est avérée réussie.

Accompagné d’une délégation de ministres et de chefs d’entreprise, François Fillon parvient à faire oublier la mésentente, à tel point que le premier ministre Wen Jiaobao, a déclaré « nous travaillerons avec la France pour élargir les échanges à différents niveaux et renforcer le dialogue stratégique et la coordination afin d’édifier un ordre international politique et économique juste et raisonnable. »

La relation sino-française redevient ce qu’elle était, et s’accentue sur les plans diplomatiques et économiques. François Fillon parvient même à signer 6 milliards d’euros de contrats. La visite du n°4  du gouvernement chinois est aussi la preuve du besoin de la Chine de conserver de bonnes relations avec l’ensemble des territoires français, dont La Réunion.