Le commandement de la flotte américaine du Pacifique [USPACFLT] a indiqué qu’un avion de patrouille maritime P-8A Poseidon de l’US Navy avait été visé, le 19 février, par un laser venant d’un navire chinois. L’avion américain volait au-dessus des eaux internationales, à environ 380 nautiques à l’ouest de l’île de Guam, où les États-Unis disposent d’une base militaire, soit au-dessus de la mer des Philippines.

«Le P-8A Poseidon évoluait dans l’espace aérien international conformément aux règles et réglementations internationales. Les actions du destroyer de la République populaire de Chine ont été dangereuses et non professionnelles», a dénoncé la marine américaine.

Selon cette dernière, le navire chinois impliqué dans cet incident serait le «Hohhot», un destroyer de type 052D [ou Luyang III] portant le numéro 161. Ce bâtiment, affecté à la flotte de la mer du Sud de l’APL, est entré en service en janvier 2019.

Le laser utilisé par le navire chinois n’était «pas visible à l’oeil nu mais il a été détecté en vol par les capteurs embarqués» à bord de l’avion de patrouille maritime, a précisé la flotte américaine du Pacifique. Ce qui signifie que le faisceau a été émis dans le spectre infrarouge.

«Les lasers de qualité militaire peuvent potentiellement causer de graves dommages aux équipages et aux marins, ainsi qu’aux navires et aux aéronefs», a encore souligné la marine américaine. Pour cette dernière, le comportement du destroyer chinois a violé le « Code des rencontres imprévues en mer » qui, conclu lors du Symposium naval du Pacifique occidental de 2014 afin de réduire les risques d’incident, traite «spécifiquement de l’utilisation de lasers qui pourraient blesser le personnel ou endommager l’équipement.»

« Les actions du destroyer étaient également incompatibles avec un protocole d’accord entre le département américain de la Défense et le ministère de la Défense de la République populaire de Chine concernant les règles de comportement pour la sécurité des rencontres aériennes et maritimes », a encore fait valoir l’US Navy.

A la suite de cette annonce américaine, le quotidien Global Times a décrit les accusations de l’US Navy comme étant une «tentative évidente de faire un battage médiatique sur la théorie de la ‘menace chinoise’ afin d’augmenter son budget».

«Le navire de guerre chinois effectuait un entraînement normal dans les eaux internationales, et l’utilisation d’équipements connexes au cours de cet entraînement est conforme au droit international. Comparé à l’entraînement prévu par le navire de guerre chinois, l’avion de guerre américain qui s’approchait rapidement était l’agressif», a indiqué le quotidien.

Ce 7 mars, un porte-parole du ministère chinois de la Défense nationale a réfuté les accusations américaines, rappelant qu’une « formation de flotte de la marine chinoise effectuait des exercices de routine dans les eaux internationales, l’avion américain P-8A a encerclé la formation à une altitude basse pendant longtemps pour mener une reconnaissance malgré les avertissements répétés de la partie chinoise ».

Selon le porte-parole Ren Guoqiang, « l’opération du bâtiment chinois était sûre et professionnelle, et était d’ailleurs en conformité avec les lois internationales et les pratiques communes pertinentes ».

« Alors que l’avion américain était hostile de par son intention et non professionnelle au regard de son opération. Ceci a gravement menacé la sécurité des navires, des avions et de l’équipage des deux parties », a souligné le porte-parole.

« Nous exigeons que la partie américaine arrête immédiatement de tels actes provocateurs et dangereux, et qu’elle cesse d’émettre des accusations non fondées et de calomnier la Chine afin de ne pas nuire aux relations globales entre les deux parties et les deux armées », a déclaré Ren Guoqiang.