Yang Jun, écrivain chinois naturalisé australien, est détenu en Chine pour avoir compromis la «sécurité nationale». Il devrait officiellement faire l’objet d’une inculpation, a annoncé son avocat.

Yang Jun, qui a pour nom de plume est Yang Hengjun, a été interpellé en janvier 2019. Romancier et blogueur, pro-démocratie en Chine, il est soupçonné d’«activités criminelles portant atteinte à la sécurité nationale».

Interrogé par l’Agence France Presse, Mo Shaoping, l’avocat de l’écrivain, a expliqué que la famille de Yang Jun avait récupéré le 18 juillet une note officielle, indiquant qu’il a été mis en état de «détention criminelle», engageant une prochaine inculpation, selon Me Mo.

Auparavant placé sous une forme de résidence surveillée réservée aux suspects de crimes graves comme les atteintes à la sécurité nationale, son avocat a expliqué que «la détention criminelle auquel il est désormais soumis est plus contraignante».

L’ambassade d’Australie à Beijing s’est vu notifier par un proche de Yang Hengjun que l’écrivain se trouverait dans un centre de détention de la capitale, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la diplomatie australienne.

«L’Australie continue d’avoir un accès consulaire et a de nouveau demandé qu’on lui accorde immédiatement un accès à ses avocats», a-t-il souligné. De son côté, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lu Kang, a déclaré que l’affaire faisait «actuellement l’objet d’un complément d’enquête».

«Les organes chinois chargés de la sécurité nationale traitent ce cas en stricte conformité avec la loi et protègent pleinement les droits légaux de Yang Jun», a ajouté ce dernier.

Deux Canadiens ont ainsi déjà été arrêtés en décembre 2018 pour des accusations similaires. L’Australie évite toute friction avec la Chine, qui est son plus grand partenaire commercial. Mais les relations entre Beijing et Canberra se sont détériorées en août 2018 lorsque le géant chinois des télécoms Huawei a été exclu du déploiement du réseau 5G sur son sol.

Canberra s’est dit «profondément déçue» après le placement en détention criminelle Yang Jun. La ministre australienne des affaires étrangères, Marise Payne, a indiqué avoir reçu confirmation de son placement en «détention criminelle» par les autorités chinoises.

Marise Payne a indiqué que son gouvernement avait soulevé le cas de l’écrivain plusieurs fois auprès des autorités chinoises, et avait écrit à deux reprises au ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi. Ils lui ont demandé une solution «juste et transparente», ainsi que la possibilité à son avocat d’accéder à son client.

Mais «cela n’a pas eu lieu», selon elle. «S’il est détenu pour ses opinions politiques, alors il doit être libéré», a souligné cette dernière.