Un touriste chinois a été expulsé le 8 octobre par Taïwan pour avoir dégradé «un mur de Lennon» érigé en soutien au mouvement pro-démocratie hongkongais. Cette décision pourrait provoquer la colère de Beijing.

Li Shaodong a été expulsé pour s’être livré à des «activités délictueuses», a indiqué l’Agence nationale de l’immigration. Ce dernier a été arrêté lundi 7 octobre alors qu’il déchirait des affiches sur un «mur de Lennon» au sein d’un campus universitaire de Taipei.

Ce mur est inspiré d’un symbole de la contestation à Hong Kong, rappelant un autre à Prague en hommage au message pacifiste de John Lennon. «Notre gouvernement ne tolérera pas ce type de comportement illicite qui porte atteinte à notre démocratie et notre liberté», a affirmé l’Agence dans un communiqué.

Il s’agit de la première expulsion en lien avec les manifestations à Hong Kong, car Li Shaodong a désormais interdiction de se rendre à Taïwan pendant cinq ans. Des murs dits «de Lennon» sont apparus dans l’île, particulièrement sur les campus universitaires.

Ces façades comme à Hong Kong, sont couvertes de post-it multicolores et d’affiches hostiles au gouvernement de Pékin. En effet, depuis quatre mois, les manifestations ont un large soutien à Taïwan.

Cependant, les actions visant à soutenir le mouvement hongkongais sont régulièrement la cible de militants pro-chinois. D’autant que Beijing considère toujours Taïwan comme une partie intégrante de son territoire.

Les relations entre Taipei et Beijing sont glaciales depuis l’arrivée à la présidence en 2016 de Tsai Ing-wen dont le gouvernement refuse de reconnaître le principe selon lequel Taïwan fait partie d’une «Chine unique».

Suite à cette expulsion, la dirigeante taïwanaise a averti que toute action visant à «provoquer la démocratie et l’État de droit à Taïwan». Elle a averti que les Chinois en provenance du continent qui s’en prendraient à des Hongkongais ou aux «murs de Lennon» seraient interdits de territoire.