Des scientifiques ont identifié un nouveau filovirus nommé Měnglà, de la même famille de celui d’Ebola, possédant toutes les caractéristiques de transmission interespèces.

Les filovirus (Filoviridae) sont des agents infectieux devant leur nom à leur aspect filamenteux. Elles sont à l’origine de graves fièvres hémorragiques comme Ebola. Il existe huit espèces, nommées d’après leur lieu d’origine (Zaïre, Marburg, Forêt de Tai…).

Des chercheurs de la Duke-NUS Medical School à Singapour viennent d’en découvrir une nouvelle souche chez une chauve-souris en Chine.

Ils ont pu identifier ce nouveau virus grâce à des séquençages génétiques et des études de caractérisation des filovirus chez des chauves-souris.

Nommé Měnglà, du nom du district de la province du Yunnan, où il a été retrouvé, il s’agit d’un nouveau genre de filovirus qui en possède déjà trois : Cuevavirus, Ebolavirus et Marburgvirus. Cette nouvelle catégorie a été appelée Dianlovirus, dérivé du nom diān qui est l’abréviation de Yunnan.

Le virus Měnglà partage plusieurs similitudes fonctionnelles le rapprochant des virus Ebola et Marburg. Il utilise le même récepteur moléculaire, une protéine appelée NPC1, que le virus utilise pour pénétrer dans la cellule et provoquer une infection.

De plus, il est susceptible de se répliquer avec d’autres séquences génétiques d’Ebola ou de Marburg, ce qui pourrait aboutir à la formation de nouveaux virus.

Les chercheurs ont testé le virus Měnglà sur des lignées cellulaires de différentes espèces (Homme, singe, chien, hamster et chauve-souris). Ils ont constaté que, comme les autres filovirus, il y a « un risque potentiel de transmission interespèces ».

Le virus Měnglà a été détecté uniquement chez la chauve-souris du genre roussette, mais si l’infection parvenait effectivement à l’Homme, elle pourrait avoir des conséquences « dévastatrices », affirme le professeur Wang Lin-Fa, auteur principal de l’étude publiée dans la revue Nature Microbiology.