Le 23 septembre 2015, Xi Jinping a assuré que « la Chine est un fervent défenseur de la cybersécurité. C’est aussi une victime du piratage« . Un accord pourrait voir le jour avec les Etats-Unis dans le domaine.

A l’occasion d’un séminaire devant des centaines d’hommes d’affaires américains à Seattle, le président chinois a garanti que son pays n’était engagé « en aucune manière » dans des opérations de piratage et de cyber-espionnage, et qu’il « n’encourage ou ne soutient de telles tentatives par qui que ce soi ».

Depuis plusieurs années, Washington fait pression sur la Chine pour qu’elle prenne des mesures contre des hackers, accusés de voler des informations confidentielles ou brevetées par des entreprises américaines en s’introduisant dans leurs systèmes informatique. En réponse, Xi Jinping a évoqué le 23 septembre la mise en place d’un « mécanisme de dialogue conjoint à haut-niveau » avec les États-Unis pour lutter contre la cybercriminalité.

Des négociations seraient d’ailleurs en cours entre les deux pays, selon The New York Times, qui explique qu’un accord pourrait, si il est signé, être le premier de non-agression dans le cyberespace. Une telle annonce pourrait se faire en fin de semaine, engageant les deux parties à ne pas s’attaquer aux infrastructures stratégiques de l’une et de l’autre.

Le 16 septembre, le président Barack Obama avait laissé entendre que des négociations seraient « probablement un des sujets principaux » de ce sommet. Un membre de l’administration d’Obama avait également précisé qu’une déclaration commune pourrait ne pas contenir de « mention spécifique et détaillée » d’une telle interdiction, mais plutôt prendre la forme d’une acception d’un code de conduite. A l’instar, du code qui vient d’être récemment adopté par un groupe de travail des Nations unies.

Au départ, les États-Unis étaient contre l’idée de ce code de conduite, proposé par la Chine, la Russie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, lors de la 66ème session de l’assemblée générale des Nations Unies, en 2011. Le vice-président, Joe Biden, s’était montré très hostile, assurant qu’il ne fallait pas enchaîner Internet et éviter de le soumettre à un contrôle gouvernemental trop lourd au regard des bénéfices sociaux, de la croissance économique et du développement offerts par Internet. Mais quatre ans plus, Washington veut encourager les dirigeants chinois à respecter les principes de ce code, par le biais d’un accord bilatéral.

« Si cet accord devrait inclure les attaques sur les centrales électriques, les systèmes bancaires, les réseaux de téléphonie et les hôpitaux, il ne prendrait pas en compte – en tout cas dans sa version initiale – la plupart des cyberattaques dont la Chine a été jusqu’à présent accusée par les États-Unis, notamment l’espionnage industriel et le vol des millions de données concernant les employés fédéraux« , a souligné le journal américain.

Pour Vikram Singh, ancien responsable du Pentagone et du département d’État en charge de la sécurité internationale au think-tank, Center for American Progress (CAP, de tendance progressiste), si les négociations aboutissent « ce serait la première fois que le cyberespace est considéré en tant que potentiel militaire, qui doit être contrôlé, comme le sont les armes nucléaires, chimiques et biologiques« .

Le président  Xi Jinping  a de son côté plaidé pour la construction d’un cyberespace pacifique, sûr, ouvert et coopératif et a appelé les États-Unis à se joindre à lui dans un dialogue constructif, afin de faire de la collaboration informatique, un élément majeur de la coopération bilatérale.