Washington a ouvert une enquête sur la division informatique dématérialisée (« cloud ») du géant chinois du commerce électronique, Alibaba.

Washington souhaite savoir si la division d’Alibaba présente un risque pour la sécurité nationale des États-Unis, selon trois sources au fait de la procédure.

L’enquête porte sur la manière dont la société stocke les données des clients américains, y compris les informations personnelles et la propriété intellectuelle, et sur la possibilité pour le gouvernement chinois d’y avoir accès, ont indiqué les sources.

La possibilité pour la Chine de perturber l’accès des utilisateurs américains à leurs informations stockées sur le cloud d’Alibaba est également un risque, a déclaré l’une des sources à l’agence de presse, Reuters.

Les régulateurs américains pourraient choisir de contraindre la société à prendre des mesures pour réduire ces risques ou d’interdire aux Américains dans leur pays et à l’étranger d’utiliser le service.

« L’activité cloud d’Alibaba aux États-Unis est modeste, avec un chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 millions de dollars », selon le cabinet d’études Gartner.

Mais si les régulateurs décident finalement de bloquer les transactions entre les entreprises américaines et Alibaba Cloud, cela portera atteinte à l’une des activités les plus prometteuses du groupe et minera la réputation de l’entreprise dans son ensemble.

Alibaba n’a fait aucun commentaire. Dans son dernier rapport annuel, Alibaba avait fait part de préoccupations concernant ses activités aux États-Unis, en indiquant que les entreprises américaines ayant conclu des contrats avec Alibaba « peuvent se voir interdire de continuer à faire des affaires avec nous, y compris de remplir leurs obligations en vertu d’accords impliquant nos… services cloud ».

L’enquête sur l’activité de cloud d’Alibaba est menée par un petit bureau au sein du département du Commerce, appelé « Office of Intelligence and Security ».

Cette unité a été créée par l’administration Trump qui l’a dotée de pouvoirs étendus afin d’interdire ou de restreindre les transactions entre les entreprises américaines et les sociétés internet, de télécommunications et de technologie des pays « adversaires étrangers » comme la Chine, la Russie, Cuba, l’Iran, la Corée du Nord et le Venezuela.

L’administration Trump avait émis un avertissement en août 2020 à l’encontre des fournisseurs de cloud chinois, dont Alibaba, « pour empêcher que les informations personnelles les plus sensibles des citoyens américains et la propriété intellectuelle la plus précieuse de nos entreprises… soient stockées et traitées sur des systèmes cloud accessibles à nos adversaires étrangers ».