Les Etats-Unis ont salué ce 4 juin 2021 la mémoire des manifestants chinois tués lors de la manifestation sanglante de Tiananmen en 1989, en réclamant de la « transparence » à la Chine sur les événements.

Antony Blinken, chef diplomatie américaine

«Les Etats-Unis continueront de se tenir aux côtés du peuple de Chine qui demande à son gouvernement de respecter les droits humains universels», a déclaré le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, dans un communiqué.

«Nous rendons hommage aux sacrifices de ceux qui furent tués il y a 32 ans, ainsi qu’aux courageux militants qui poursuivent leurs efforts aujourd’hui face à la répression continue du gouvernement» de la Chine, a-t-il ajouté.

Ce dernier a aussi appelé la Chine à «la transparence» et à fournir «un bilan complet de tous ceux tués, détenus ou disparus» lors de la répression de la place Tiananmen, qui a fait des centaines, peut-être plus, de morts.

Washington commémore tous les ans cet anniversaire qui représente le point d’orgue du mouvement pro-démocratie de la célèbre place de Pékin.

Cette année, Antony Blinken, chef de la diplomatie américaine a aussi dit voir « un écho » des manifestations de Tiananmen dans « la lutte pour la démocratie et la liberté à Hong Kong, où une veillée prévue pour commémorer le massacre de la place Tiananmen a été interdite par les autorités locales ».

La police de Hong Kong a interdit, pour la seconde année, la tenue de cette veillée annuelle, invoquant comme en 2020 les restrictions liées à la pandémie.  Le ministre de la sécurité à Hong Kong avait averti que la nouvelle et drastique loi sur la sécurité nationale que la Chine a imposée à l’ex-colonie britannique serait susceptible d’être invoquée contre les contrevenants.

Pendant des décennies, Hong Kong et Macao furent les seuls endroits de Chine où l’on commémorait le 4 juin la manifestation sanglante du mouvement social et étudiant de 1989 à Beijing.

Malgré l’interdiction, des hongkongais veulent croire que les autorités de Hong Kong ne seront pas en mesure d’empêcher tous les actes de commémoration. Les manifestants allumaient à l’heure symbolique de 08 h 09 les bougies, en référence à la date de 1989.

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L’ex-député incarcéré Albert Ho a invité les Hongkongais à allumer des bougies, ou la torche de leur smartphone, dans leur quartier. « On peut considérer que tout Hong Kong est le Parc Victoria », a-t-il déclaré au South China Morning Post.

De son côté, l’artiste Kacey Wong va redistribuer des centaines de morceaux de bougies consumées lors des veillées précédentes. « Chaque bougie consumée porte en elle le recueillement d’une personne envers ceux qui se sont sacrifiés pour la démocratie, ainsi que les espoirs de voir un jour la démocratie triompher », a-t-il confié à France24.

De son côté, l’artiste Pak Sheung-chuen a appelé tous les habitants à écrire les chiffres 4 et 6, pour la date du 4 juin, sur les interrupteurs de leur maison, pour transformer le fait d’allumer la lumière en geste de commémoration.

Tandis que Debby Chan, une conseillère de district, compte lire des poèmes dans son quartier. « Commémorer le 4 juin est un rendez-vous emblématique du mouvement pro-démocratie », a-t-elle déclaré à l’Agence France Presse. « Si nous arrêtons aujourd’hui, les lignes rouges ne cesseront de se rapprocher ».